Pauvreté et éducation en Inde

L'éducation en Inde
Le système éducatif indien est l’un des plus importants au monde. En 1947, lorsque le pays accède à l’indépendance, le taux d’alphabétisation n’était que de 18 % pour les hommes et d’environ 8 % pour les femmes. Grâce à des réformes constantes, l’Inde a parcouru un long chemin pour réorganiser son système éducatif. Selon l’enquête nationale de l’Inde, le taux d’alphabétisation a augmenté au cours des 13 dernières années. de 73% en 2011 à plus de 77,7% en 2022. Cependant, cette statistique reste inférieure au taux d’alphabétisation mondial qui est d’environ 86,5 %. L’analphabétisme joue un rôle majeur dans la pauvreté continue et générationnelle en Inde. Heureusement, des efforts sont en place pour améliorer l’éducation en Inde.

Discrimination dans l’éducation en Inde

La disparité et l’inégalité entre les sexes sont quelques-unes des principales raisons de la forte différence entre les taux d’alphabétisation des femmes et des hommes. Le taux d’alphabétisation des hommes est de 84,7% alors que le taux d’alphabétisation des femmes est décevant, à 70,3 %. Dans certains États comme le Bihar, le taux d’alphabétisation des femmes est incroyablement bas, à 51,50 %. Pendant la pandémie, 6 millions d’enfants n’étaient pas scolarisés et une majorité d’entre eux étaient des filles. Cette différence d’éducation entre les hommes et les femmes a inévitablement conduit à un taux plus élevé de pauvreté féminine en Inde.

Les croyances sociales et culturelles sur l’infériorité des femmes sont encore très répandues. Des études ont montré que la violence sexiste est répandue dans tout le pays, en particulier dans les ménages où les femmes doivent effectuer un travail non rémunéré alors que les hommes ne le font pas. Une enquête a montré que 54,4% des personnes conviennent qu’une femme mérite d’être battue et agressée physiquement si elle quitte la maison sans autorisation.

Les filles sont souvent considérées comme moins important et moins méritant d’éducation en Inde. Ils doivent rester à la maison et s’occuper des tâches ménagères. Beaucoup de gens pensent encore que lorsqu’une fille naît, elle est « paraya dhan », ce qui signifie qu’elle est un objet ou une possession qu’une famille doit préparer pour se marier et qu’elle remettra éventuellement à un homme et à sa belle-famille. La tradition selon laquelle la famille de la mariée donne une dot (de l’argent, des biens ou des biens) au côté de la famille du marié lors du mariage en est un exemple.

Les pressions sociétales pour se marier et avoir des enfants sont si fortes que les jeunes filles doivent abandonner l’école juste après l’école primaire. Un manque de productions sanitaires et des tabous autour des règles a également constamment empêché les filles d’aller à l’école.

Dans les zones rurales, les membres des castes et tribus répertoriées, en particulier les femmes et les filles, sont totalement exclus de l’éducation. Les femmes ont donc de faibles perspectives économiques et luttent pour être financièrement indépendantes en raison d’un manque d’éducation adéquate. Les stéréotypes de genre profondément ancrés et les croyances culturelles concernant le système des castes ont conduit à une propagation des inégalités en matière d’éducation et de niveau de vie de base, augmentant ainsi le taux de pauvreté en Inde.

Apprentissage par cœur dans l’éducation en Inde

De nombreux critiques ont fait valoir que le programme du primaire et du secondaire en Inde, appelé Conseil central de l’enseignement secondaire (CBSE), est souvent basé sur la mémoire et les manuels scolaires, sans accorder beaucoup d’attention à la formation professionnelle et axée sur les compétences. Parfois appelée « culture des manuels scolaires », L’apprentissage par cœur est la principale méthode d’enseignement dans les écoles publiques et privées, les enseignants ayant peu ou pas d’autonomie dans les salles de classe. La répétition de l’information en tant qu’approche pédagogique est courante dans tout le pays.

Par conséquent, des études ont montré que les étudiants ne sont pas stimulés à la créativité et à l’originalité. Les manuels contiennent des informations peu pratiques et sont peu utiles pour développer les capacités d’analyse et de raisonnement. L’intelligence est ainsi souvent liée à la capacité de mémoriser d’énormes quantités d’informations, et testés avec des examens standardisés qu’alimentent les compétitions à enjeux élevés. Les universitaires pensent également que ce système a été encouragé pendant le Raj britannique et est une conséquence de la volonté des colons d’établir un pays de disciples obéissants au lieu de penseurs originaux.

En revanche, certains critiques ont également soutenu que le lien entre la mémoire et l’apprentissage par cœur est trompeur et constitue une idée fausse. Même si l’apprentissage par cœur n’aide généralement pas à établir des liens complexes entre les informations anciennes et nouvelles, la mémoire peut aider à récupérer des informations, à les appliquer et à les utiliser dans de nouveaux modes et formes. Pour que cela se produise, le programme doit encourager les compétences d’analyse et d’interprétation chez les étudiants.

Pression de la société

Les parents des enfants font également pression sur eux pour qu’ils acceptent des professions professionnelles traditionnelles. Il semble que devenir médecin, avocat ou ingénieur fasse partie de la culture. Un marché du travail incroyablement compétitif a amené les parents à souhaiter que leurs enfants aient un emploi sûr et bien rémunéré. Par conséquent, de nombreux étudiants souffrent de dépression et finissent par exercer des métiers qui ne les passionnent pas. Ironiquement, en raison du manque d’opportunités, même les diplômés d’une profession professionnelle ont du mal à trouver un emploi.

Regarder vers l’avant

En 2020, le gouvernement a introduit la Politique nationale d’éducation (NEP) dans le but de révolutionner le système en encourageant une approche de l’éducation plus holistique et axée sur les compétences. Les étudiants devraient désormais avoir accès à un choix flexible de matières pour l’enseignement supérieur et les filières professionnelles dès leur plus jeune âge. Il indique également qu’un fonds pour l’inclusion du genre et des zones éducatives spéciales seront créés pour les membres défavorisés et vulnérables de la société.

Grâce aux réformes et aux interventions continues du gouvernement, notamment davantage de possibilités d’emploi pour les jeunes diplômés, le système éducatif peut contribuer à réduire rapidement la pauvreté en Inde.

Sharvi Rana
Photo : Flickr

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