Pauvreté menstruelle aux Maldives

Pauvreté menstruelle aux MaldivesLes Maldives, le plus petit pays d’Asie, ont réalisé des progrès notables dans la promotion des droits des femmes au cours des dernières années. Cependant, la santé sexuelle et reproductive reste un sujet très inexploré dans le pays en raison de la sensibilité religieuse et de la politique nationale. Un sujet de préoccupation majeur est la pauvreté menstruelle aux Maldives. Les femmes sont non seulement confrontées à des difficultés économiques pour se procurer des produits menstruels, mais elles luttent également contre une stigmatisation sociétale globale autour du thème des règles.

Pauvreté périodique

La pauvreté périodique fait référence au manque d’accès aux produits d’hygiène menstruelle, aux installations sanitaires adéquates et à l’éducation sur la santé menstruelle. Ce problème touche particulièrement les personnes qui n’ont pas les moyens d’acheter ou d’obtenir facilement les produits menstruels nécessaires, ce qui rend difficile la gestion de leurs règles avec dignité et confort. La pauvreté menstruelle touche environ 500 millions de femmes et de filles dans le monde. Il ne s’agit pas seulement d’un problème économique, mais il englobe également des barrières sociales et culturelles, notamment les stigmates et les tabous entourant les menstruations.

La sensibilité de la santé sexuelle aux Maldives

Aux Maldives, des croyances religieuses strictes font taire les discussions concernant la santé sexuelle. Le paysage religieux conservateur a généré un environnement de honte et de sensibilité autour de sujets tels que l’activité sexuelle hors mariage, la santé reproductive et les menstruations, ce qui a donné lieu à une stigmatisation qui empêche les discussions ouvertes et les progrès dans ces domaines. Cet obstacle a considérablement entravé les efforts de lutte contre la pauvreté menstruelle dans le pays, privant les femmes de l’accès aux soins de santé, à l’éducation et à des produits hygiéniques et abordables.

La capitale Malé abrite principalement des services de santé sexuelle qui peuvent offrir aux femmes la possibilité de rechercher des soins et d’y accéder. Avec plus d’un millier d’îles, dont près de 200 sont habitées, cela pose un défi extrême en termes d’accessibilité pour les personnes éloignées, en particulier celles vivant dans les zones rurales. À cela s’ajoute le manque d’accès aux produits menstruels en raison du paysage et des obstacles aux déplacements.

Le manque de soins de santé sexuels pour les femmes, associé à une réticence à résoudre ces problèmes, entraîne un cycle qui nuit aux femmes et aux filles des Maldives. La sensibilité religieuse et culturelle entourant le sujet a créé des défis permanents pour les femmes et a soulevé la question de la pauvreté menstruelle aux Maldives.

Les règles étant encore un sujet tabou aux Maldives, elles suscitent très peu de débats, notamment dans le système scolaire. Ces problèmes risquent de ne pas être abordés dans tout le pays, notamment au sein du Parlement. En 2021, les femmes n’occupaient que 4,6 % des sièges parlementaires dans le pays. Cette sous-représentation des femmes aux postes de direction et de décision politique constitue un obstacle supplémentaire aux droits des femmes et brise la stigmatisation autour de la santé sexuelle et des menstruations.

Faire des efforts

Un projet a servi de lueur d’espoir pour le pays et ses citoyens au milieu des défis d’accès auxquels les femmes sont confrontées aux Maldives. En 2019, Zero Waste Maldives a lancé l’initiative Cupvert pour rendre les informations sur la santé menstruelle plus largement accessibles aux femmes à travers le pays, tout en les sensibilisant aux méthodes écologiques et durables de gestion de leurs règles. L’éducation et la sensibilisation constituent une grande partie de l’initiative Cupvert, diffusant des informations pour briser le silence entourant les menstruations et les soins de santé sexuelle. L’initiative le fait à travers des campagnes, des ateliers et des projets de sensibilisation. En éduquant les femmes sur la santé menstruelle, Cupvert veut leur donner les moyens de poursuivre la conversation et de prendre des décisions éclairées concernant leur santé menstruelle.

En plus de l’éducation et de la sensibilisation, Cupvert promeut les produits menstruels durables et respectueux de l’environnement, qui ont une utilisation plus pratique aux Maldives. Les produits tels que les serviettes en tissu réutilisables ou les coupes menstruelles sont plus faciles à utiliser dans une région comme les Maldives, où le paysage géographique empêche les déplacements et l’accès faciles aux magasins ou aux marchés.

Depuis son lancement, Culvert a touché plus de 45 000 personnes aux Maldives, selon Zero Waste Maldives. Ce projet a suscité des conversations, éduqué les femmes, remis en question les normes sociétales et proposé des solutions pratiques à un problème aussi vaste. Cupvert va au-delà de la simple sensibilisation, il suscite activement un sentiment d’autonomisation et d’appartenance pour les femmes à travers le pays, un sentiment qu’elles n’ont jamais connu auparavant. Cela a déclenché une avancée majeure pour la santé des femmes, une avancée qui, espérons-le, servira de tremplin vers l’accessibilité et l’élimination de la pauvreté menstruelle aux Maldives.

Avoir hâte de

La question de la pauvreté menstruelle aux Maldives est profondément ancrée dans une sensibilité religieuse et culturelle. Malgré les défis posés par le manque d’accessibilité aux soins de santé sexuelle, la stigmatisation sociétale et la sous-représentation des femmes aux postes de direction, l’initiative Cupvert apparaît comme une lueur d’espoir. En suscitant l’autonomisation et en remettant en question les normes sociétales, Cupvert représente une étape cruciale vers la rupture du silence entourant les menstruations et l’élimination de la pauvreté menstruelle dans le pays. Le succès de cette initiative met en évidence le potentiel de changement positif et d’un avenir meilleur pour la santé des femmes aux Maldives.

– Katherine Barrows

*