
Le Guatemala est confronté à l’une des crises de sécurité alimentaire les plus graves et les plus persistantes d’Amérique latine. Bien qu’il soit un pays riche en ressources agricoles, le Guatemala est confronté à des inégalités structurelles, à des sécheresses récurrentes et à des chocs économiques qui maintiennent près de la moitié de sa population dans la pauvreté. La pandémie de COVID‑19 et les chocs mondiaux sur les prix alimentaires et pétroliers de 2022 ont aggravé la crise, plongeant davantage de ménages dans l’insécurité alimentaire.
En 2022, près de la moitié des enfants de moins de 5 ans, soit environ 46,5 %, souffraient d'un retard de croissance. Guatemala l’un des pires de l’hémisphère occidental en termes de dénutrition infantile. Pour répondre à cette urgence humanitaire, une série d'initiatives basées sur l'agriculture et la nutrition lancées par le gouvernement guatémaltèque, les Nations Unies (ONU) et des partenaires internationaux ont cherché à reconstruire les moyens de subsistance et à réduire la faim grâce au développement rural durable.
Pauvreté et insécurité alimentaire
Selon le Selon les sources intégrées de classification de la phase de sécurité alimentaire (IPC) et de suivi humanitaire, plus de cinq millions de personnes (plus de 25 % de la population) ont besoin d'une aide humanitaire au Guatemala. Environ 2,7 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë sévère (Phase 3 de l’IPC ou pire). L'insécurité alimentaire au Guatemala est profondément liée à la pauvreté rurale.
La majorité des ménages pauvres vivent dans des communautés rurales et autochtones, où l'agriculture de subsistance constitue le principal moyen de subsistance. L’accès limité au crédit, à l’irrigation et aux marchés maintient les petits exploitants agricoles vulnérables aux chocs climatiques. L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) faits saillants du rapport récent comment les communautés vulnérables sont confrontées à de multiples privations, notamment de faibles revenus, un accès limité aux chaînes de valeur et un risque élevé d’impacts liés au climat.
Une analyse de la Banque mondiale souligne que la croissance économique ne s'est pas suffisamment traduite en réduction de la pauvreté ou en amélioration des moyens de subsistance pour les populations les plus vulnérables.
Renforcer la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture et à l’aide nutritionnelle
L’une des interventions les plus marquantes depuis 2022 a été la Programme d’alimentation scolaire à base de produits locauxdirigé par le PAM en partenariat avec le ministère de l'Éducation du Guatemala et des coopératives agricoles locales. Cette initiative relie directement les petits exploitants agricoles aux écoles pour fournir des aliments nutritifs, garantissant ainsi que les enfants reçoivent des repas réguliers tandis que les agriculteurs trouvent des acheteurs fiables. Le programme connecte plus de 500 agriculteurs et 840 écoles via une application d'approvisionnement mobile, permettant aux agriculteurs de parcourir les commandes des écoles et de livrer des aliments produits localement.
Selon le suivi du PAM, le programme améliore la diversité alimentaire des enfants et soutient les revenus ruraux. En parallèle, la FAO, à travers son initiative « Main dans la main » et d’autres programmes de résilience, a intensifié ses efforts pour renforcer la production alimentaire des ménages vulnérables. L'étude de la FAO note que les pratiques intelligentes face au climat, les semences améliorées et l'intégration du marché sont des éléments essentiels de la solution.
La FAO surveille également les projets de rétablissement des moyens de subsistance agricoles qui visent à améliorer à la fois la sécurité alimentaire et les revenus des familles rurales. La Banque mondiale souligne que l’investissement dans le capital humain, l’agriculture et le développement rural est essentiel pour lutter contre les inégalités et l’insécurité alimentaire de longue date.
Des défis persistants
Malgré ces résultats encourageants, le chemin du Guatemala vers la sécurité alimentaire reste fragile. Des centaines de milliers d’enfants continuent de souffrir d’un retard de croissance et la pauvreté rurale reste profondément ancrée parmi les populations autochtones et des hautes terres. La note d'information du PAM note que le Guatemala est sujet aux catastrophes et que les saisons sèches prolongées et les chocs climatiques nuisent gravement aux moyens de subsistance des agriculteurs de subsistance.
La mise à l’échelle nationale de programmes réussis est limitée par les contraintes de financement, les déficits d’infrastructures et les capacités institutionnelles. Sans investissements soutenus dans les infrastructures rurales, l’accès aux marchés et la protection sociale, les gains localisés risquent d’être annulés par de futurs chocs.
Conclusion
Ces dernières années ont montré que l’aide agricole et nutritionnelle peut faire une différence tangible dans l’amélioration de la sécurité alimentaire au Guatemala. En effet, en associant les agriculteurs locaux aux programmes d’alimentation scolaire, en investissant dans une agriculture intelligente face au climat et en se concentrant sur les communautés rurales vulnérables, le pays et ses partenaires ont pris des mesures significatives pour réduire la faim et la pauvreté. Même si les statistiques nationales restent décourageantes, avec un retard de croissance chez près de la moitié des enfants de moins de 5 ans, une pauvreté rurale généralisée et un besoin aigu persistant en matière de sécurité alimentaire, les données indiquent que des interventions ciblées peuvent améliorer les résultats.
Grâce à des investissements continus, à l’expansion de modèles éprouvés et à une capacité institutionnelle renforcée, le Guatemala a le potentiel de transformer son système alimentaire de fragile à résilient, faisant ainsi du développement agricole inclusif la pierre angulaire de la réduction de la pauvreté.
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