Combattre le paludisme dans les camps de réfugiés Rohingyas

Le paludisme chez les réfugiés rohingyasLe paludisme chez les réfugiés rohingyasLe paludisme constitue depuis des années une menace pour la population de réfugiés rohingyas vivant dans des camps surpeuplés et aux ressources limitées au Bangladesh. Actuellement, environ 1,3 million de réfugiés rohingyas vivent dans des abris temporaires, où les conditions sont idéales pour la reproduction des moustiques et la propagation rapide des maladies. Malgré ces défis, les efforts coordonnés entre les autorités locales, les organisations non gouvernementales (ONG) et les agences de santé ont permis des progrès significatifs dans la lutte contre le paludisme dans les camps de réfugiés Rohingyas.

Paludisme dans les camps de réfugiés Rohingya : 5 faits clés

Voici cinq faits clés sur la façon dont la collaboration contribue à protéger les familles vulnérables contre le paludisme :

  1. Distribution de moustiquaires insecticides longue durée. Le Programme national d'élimination du paludisme (NMEP) du Bangladesh, en partenariat avec le BRAC et soutenu par le Fonds mondial, a élargi l'accès aux moustiquaires insecticides à longue action (MID), en distribuant 350 000 MID aux réfugiés rohingyas entre 2021 et 2024. Alors que les districts endémiques du Bangladesh ont atteint le critère de référence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) d'environ une MID pour deux personnes, la couverture au sein de la population Rohingya est insuffisante. Seuls 44,3 % disposaient d’une couverture suffisante et les taux d’utilisation étaient nettement inférieurs, 65,7 % dormant sous des MILDA. L'étude note que, même si les efforts de distribution de MILD ont été couronnés de succès, l'approvisionnement reste insuffisant et des améliorations supplémentaires sont nécessaires pour protéger pleinement les communautés vulnérables et maintenir les progrès dans l'élimination du paludisme.
  2. Des tests de diagnostic rapides garantissent une détection et un traitement précoces. Les tests de diagnostic rapide (TDR) restent l’un des outils les plus efficaces pour lutter contre le paludisme dans les camps de réfugiés Rohingyas. Les TDR ont constitué l’épine dorsale de la détection entre 2017 et 2020. Au cours de cette période, 30 460 personnes ont été testées dans le cadre des soins de santé de routine dans le camp enregistré de Kutupalong et le méga camp de Nayapara. L’étude a révélé très peu de cas de paludisme et aucun décès parmi 86 490 réfugiés rohingyas dans deux camps, démontrant à quel point un diagnostic rapide et accessible basé sur les TDR prévient les maladies graves et arrête la transmission dans les zones densément peuplées.
  3. Efforts menés par la communauté pour lutter contre le paludisme. Les conditions environnementales dans les camps Rohingyas jouent un rôle majeur dans la transmission du paludisme, et la mauvaise gestion des déchets est devenue une menace critique. Les camps génèrent plus de 10 000 tonnes de déchets solides par mois, soit environ 460 grammes par personne et par jour. En l’absence de système formel, les déchets sont souvent déversés dans des zones ouvertes où ils obstruent les canaux de drainage, provoquent des inondations et contaminent le sol et l’eau. Ces conditions augmentent les maladies respiratoires, les maladies d’origine hydrique et les maladies à transmission vectorielle telles que le paludisme. Pour faire face à cette crise, Community Partners International (CPI) a lancé un programme communautaire de gestion des déchets dans le camp de Kutupalong, où des réfugiés bénévoles formés collectent et traitent six tonnes de déchets par mois. Ces efforts montrent comment les solutions communautaires peuvent renforcer la résilience environnementale et la santé publique en réduisant les sites de reproduction des moustiques et en protégeant les résidents des camps.
  4. Les efforts de prévention sont au centre de la lutte contre le paludisme. L'OMS souligne que la prévention du paludisme réussit lorsque la surveillance est renforcée, que les communautés mal desservies sont atteintes et que des investissements sont réalisés dans de meilleurs diagnostics et outils. En effet, dans la région de l’Asie du Sud-Est, ces stratégies ont contribué à réduire l’incidence du paludisme de 54 % et la mortalité de 46 % en cinq ans. Les mêmes leçons s’appliquent aux camps de réfugiés. Les populations difficiles d’accès, mobiles et vulnérables doivent être activement protégées. Une détection précoce grâce à des diagnostics améliorés et à une surveillance cohérente reste essentielle pour prévenir les épidémies.
  5. La radio communautaire étend la sensibilisation à la santé et la prévention du paludisme. Les efforts de santé communautaire dans les camps Rohingyas sont renforcés grâce à un accès élargi à des informations sanitaires fiables et adaptées à la langue. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) rapporte qu'une station de radio communautaire à Teknaf, qui ne couvrait auparavant que 50 % de la zone d'intervention des réfugiés, a désormais étendu sa couverture à 90 %. Soutenue par le secteur des télécommunications d'urgence (ETS), la station s'associe à des organisations telles que le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et BBC Media Action pour diffuser des programmes sur la santé, l'eau et l'assainissement, la préparation aux catastrophes, le paludisme, les infections sexuellement transmissibles et le trafic. La radio communautaire joue un rôle crucial dans l’amélioration des connaissances en matière de santé en fournissant des informations accessibles directement aux ménages et en encourageant les comportements de prévention des maladies.

Regarder vers l'avenir

Ensemble, ces efforts montrent que même dans l'un des contextes humanitaires les plus difficiles au monde, une action coordonnée peut réduire considérablement les risques de paludisme. Toutefois, des investissements continus, la participation communautaire et des stratégies de prévention soutenues seront essentiels pour protéger les familles Rohingya.

*