Pauvreté et conditions météorologiques extrêmes

Pauvreté et conditions météorologiques extrêmesLes phénomènes météorologiques extrêmes affectent de manière disproportionnée les pays en développement, malgré leur contribution de moins de 4 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. De plus, l’intersection de la pauvreté et de ces événements climatiques amplifie les défis auxquels sont confrontées ces nations. Les pays les moins avancés représentent 69 % des décès dus aux catastrophes liées au climat. Cette convergence de la pauvreté et des phénomènes météorologiques extrêmes exige des mesures pour atténuer ses impacts considérables.

Impacts des conditions météorologiques extrêmes sur les pays en développement

Les pays en développement sont confrontés à de nombreux effets néfastes résultant de modèles et d’événements météorologiques extrêmes. La Banque mondiale prévoit que plus de 100 millions de personnes seront plongées dans la pauvreté au cours des sept prochaines années en raison des ramifications de ces phénomènes météorologiques extrêmes. En outre, d’ici 2050, l’insécurité alimentaire et hydrique liée au climat devrait déplacer plus de 216 millions de personnes de leur foyer. Actuellement, plus de 94 millions de personnes dans les pays en développement sont touchées par des chocs climatiques et des extrêmes, entraînant de graves répercussions sur la production agricole et la biodiversité. La hausse des températures expose plus d’un milliard d’individus à des maladies infectieuses comme le Zika et la dengue.

La vulnérabilité et les ressources limitées des pays en développement exacerbent les effets des phénomènes météorologiques extrêmes sur ces pays. L’augmentation des inondations, des sécheresses et des conditions météorologiques imprévisibles rend difficile pour ses citoyens de maintenir des moyens de subsistance décents.

Atténuation de la pauvreté et des conditions météorologiques extrêmes

Les communautés utilisent l’adaptation basée sur les écosystèmes (EbA) comme une approche globale qui implique la gestion des écosystèmes pour renforcer la résilience et réduire la vulnérabilité aux fluctuations météorologiques. L’EbA englobe la conservation, la restauration et la gestion durable des forêts, des prairies, des zones humides, des mangroves et des récifs coralliens afin de réduire les impacts des conditions climatiques variables. Elle est souvent qualifiée d’infrastructure verte, par opposition à l’infrastructure grise, qui implique des solutions concrètes.

En Afrique du Sud, un pays aux prises avec des inondations, des glissements de terrain et de fortes précipitations en raison du phénomène météorologique La Niña, l’EbA a atténué certains des impacts météorologiques défavorables. La municipalité d’eThekwini, qui englobe la ville de Durban, a mis en œuvre le programme de gestion fluviale transformatrice pour gérer les risques d’inondation en milieu urbain. Cette initiative implique une collaboration entre le gouvernement et les organisations non gouvernementales. Par exemple, le projet pilote Aller River, géré par Kloof Conservancy, une ONG axée sur la protection des écosystèmes et la sensibilisation à l’environnement, est un projet pilote pour le projet plus large Take Back Our Rivers (TBOR). Le projet TBOR vise à rétablir la santé des 18 principaux systèmes fluviaux de la municipalité d’eThekwini. Le Kloof Conservancy vise à évaluer comment des citoyens formés peuvent gérer et surveiller les écosystèmes fluviaux, créant ainsi une municipalité durable et résiliente au climat.

Des progrès significatifs ont été réalisés grâce au projet pilote de la rivière Aller, y compris l’élimination de la végétation exotique et des déchets du tronçon fluvial. Le projet a mobilisé des financements et des cofinancements pour l’élimination de la végétation exotique, les membres de la conservation contribuant efficacement en heures de bénévolat. L’amélioration de la communication et de la collaboration avec les services municipaux a permis de corriger les trous d’entretien problématiques des égouts et d’améliorer la qualité de l’eau dans certaines parties de la rivière Aller. Les membres de la communauté vivant près de la rivière ont connu une amélioration de leurs moyens de subsistance grâce à la réduction des odeurs provenant des déversements d’égouts. L’emploi d’Eco-Champs a amélioré la capacité locale pour l’entretien de la santé des rivières, la réduction des déchets, la surveillance et la sensibilisation de la communauté. Des campagnes réussies de mobilisation des parties prenantes ont mobilisé divers groupes communautaires et sensibilisé à l’importance de la rivière. Le partenariat entre les organisations civiles et la municipalité a facilité des campagnes de sensibilisation efficaces et une collaboration interdépartementale dans la surveillance des rivières.

Des projets comme le projet pilote Aller River aident les communautés des pays en développement à atténuer les impacts des conditions météorologiques extrêmes en promouvant des infrastructures et des capacités d’adaptation résilientes au climat, réduisant ainsi la vulnérabilité aux chocs climatiques. Pour lutter contre la pauvreté dans le monde, il faut s’attaquer à ses causes profondes tout en s’attaquant simultanément aux effets néfastes des conditions météorologiques difficiles. En s’attaquant à la pauvreté et aux conditions météorologiques extrêmes, les communautés vulnérables peuvent participer à des activités économiques durables, promouvoir les efforts de conservation et obtenir un meilleur accès à l’énergie propre.

Regarder vers l’avant

Les entreprises, les fondations, les organisations et les institutions adoptent des stratégies soucieuses du climat pour lutter contre la pauvreté. La Fondation Rockefeller, par exemple, a lancé le Programme international des 100 villes résilientes (100RC) en 2013. La Fondation Rockefeller a sélectionné Durban comme l’une des 32 premières villes de ce programme. La participation de Durban à ce programme a conduit à l’élaboration de sa stratégie de résilience, qui a lancé le projet TBOR. Ce programme a touché plus de 20 % de la population urbaine mondiale, la Fondation Rockefeller donnant activement plus de 160 millions de dollars pour renforcer la résilience urbaine dans le monde. Le réseau 100RC a pris fin en 2019, bien que la Fondation Rockefeller poursuive ses efforts grâce au travail de ses Chief Resilience Officers, qui se forment activement pour diriger les stratégies de résilience de leurs villes.

Comprendre l’interconnexion entre la pauvreté et les conditions météorologiques extrêmes est crucial pour favoriser le développement durable, autonomiser les communautés locales, atténuer les impacts des conditions météorologiques extrêmes et réduire la pauvreté mondiale. Les effets disproportionnés des fortes fluctuations météorologiques sur les pays en développement et leur capacité limitée à réagir nécessitent une assistance ciblée qui s’attaque à la pauvreté et aux préoccupations environnementales.

– Clara Swart
Photo : Flickr

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