Traite des êtres humains à ST. MARTIN

Traite des êtres humains à Saint-MartinLa traite des êtres humains est une menace qui touche des millions de personnes dans le monde, les chiffres de 2021 estimant les revenus annuels à plus de 150 milliards de dollars dans le monde. Saint-Martin ne fait pas exception à l’attrait de cette entreprise illicite. Cet article donne une voix aux dangers de la traite des êtres humains à Saint-Martin et aux efforts mis en place pour la combattre.

Rapport sur la traite des personnes

Les estimations montrent que la traite des êtres humains touche aujourd’hui plus de 24,9 millions de personnes dans le monde. Les États dotés de structures politiques inefficaces, d’un gouvernement faible et de niveaux de pauvreté et de criminalité amplifiés présentent généralement les effets les plus notables du commerce de la traite des êtres humains. Comme moyen d’évaluation, le Département d’État des États-Unis a conçu le rapport sur la traite des personnes (rapport TIP), un rapport utilisé au niveau international pour mesurer l’efficacité de la pratique et de la réponse à la traite des êtres humains dans différents pays du monde. Le rapport attribue aux pays un classement par niveau en fonction de leur capacité à respecter les normes minimales de lutte contre le commerce de la traite des êtres humains pour l’année précédente, fonctionnant selon un système hiérarchique.

Le système de classement se compose de trois niveaux :

  • Niveau 1 : Optimal. Les gouvernements respectent pleinement les normes minimales.
  • Niveau 2: En deçà des attentes, mais démontrant des efforts d’amélioration prometteurs.
    • Liste de surveillance de niveau 2 : En deçà des attentes, mais démontrant des efforts d’amélioration prometteurs, bien que les taux de victimes soient à un niveau critique ou sur le point de l’être et que des efforts proportionnels ne soient pas déployés.
  • Niveau 3: Ne pas respecter les normes minimales et montrer peu de signes d’efforts d’amélioration.

Traite des êtres humains à Saint-Martin – En cours d’examen

En 2022, le rapport TIP a rétrogradé Saint-Martin au niveau 3, étiqueté comme « ne respectant pas les normes minimales pour l’élimination de la traite et ne faisant aucun effort significatif pour le faire », et a maintenu ce verdict dans le rapport de 2023. Cela donne une lecture sombre lorsque l’on considère la bataille en cours de Saint-Martin contre la traite des êtres humains en termes de mesures de protection, de poursuites et de prévention.

Le gouvernement a maintenu la diminution des poursuites minimales pour traite en 2022, où les incidents impliquant des personnes âgées de 16 ans ou plus pourraient être passibles de neuf ans d’emprisonnement ou d’une amende, tandis que ceux concernant des enfants de moins de 16 ans peuvent être pénalisés jusqu’à 12 ans d’emprisonnement ou une bien. Pour la cinquième année consécutive, Saint-Martin n’a soumis aucun rapport sur la fourniture de services de protection aux victimes. Pour la troisième année consécutive, les autorités n’ont identifié aucune victime de la traite. Aucun effort signalé n’a été fait pour filtrer les régions et les industries particulièrement exposées aux effets de la traite. Le financement public des mesures de protection telles que les services de soins, les refuges et le soutien financier fait considérablement défaut, un refuge géré par une ONG pour les victimes de violence domestique portant une grande partie du fardeau. (Département d’État américain, 2023).

Pris au piège et exploité

À Saint-Martin, les trafiquants d’êtres humains utilisent une foule de tactiques pour manipuler leurs victimes, des récits locaux suggérant que les migrants cherchant à passer aux États-Unis ou au Canada sont les plus vulnérables. Un outil courant pour manipuler les victimes consiste à vendre l’idée du «rêve américain» sous de faux prétextes. Généralement, les migrants venant de conditions de pauvreté dans des endroits comme le Venezuela, la Colombie, Haïti et la République dominicaine recherchent une vie meilleure. Désespérés, sans instruction et sous-alimentés, ils sont particulièrement sensibles aux fausses promesses des trafiquants d’êtres humains. Les trafiquants d’êtres humains emploient alors des systèmes complexes de coercition de la dette pour faire pression sur les victimes afin qu’elles se prostituent, travaillent de force et soient asservies à la maison.

Les ravisseurs maintiennent leur contrôle sur les victimes en invoquant les thèmes de la peur, de la violence, de la honte, de l’isolement et de la dette. Les trafiquants emploient fréquemment des tactiques pour maîtriser la rébellion des victimes, telles que l’endoctrinement des captifs pour leur faire croire que les autorités gouvernementales sont corrompues, la confiscation des moyens de transport vis-à-vis des documents, la torture physique et le viol. Ces conditions sont appliquées sans merci jusqu’à ce que la notion d’évasion devienne incompréhensible pour la victime.

L’effort pour le changement

La traite des êtres humains à Saint-Martin semblait sur le point de s’améliorer en 2022. Ils ont lancé une campagne d’affichage axée sur la sensibilisation du public à la traite et aux personnes vulnérables. Ils ont rédigé un nouveau plan d’action national (PAN) qui énonce des lignes directrices importantes, notamment l’établissement de procédures opérationnelles standard (SOP) pour l’identification et l’orientation des victimes et la création d’une ligne téléphonique nationale anti-traite. Cependant, Saint-Martin n’a pas mis en œuvre ce plan et les mesures de changement continuent d’être en deçà des attentes nationales.

Plus le gouvernement local s’avère terne, plus la dépendance à l’aide internationale est grande. Les ONG sont devenues indispensables pour préserver le pays d’un nouvel effondrement. Des organisations comme Lifeline Network International, le West Indee Committee et la Society of Mediators jouent un rôle indispensable dans la protection des droits de l’homme, même les plus élémentaires, en établissant la plate-forme pour l’éducation sociale, économique et agraire et en facilitant les moyens d’une durabilité à long terme.

Le Département d’État américain a défini les actions de base que Saint-Martin peut entreprendre pour relancer cet effort. Ces efforts comprennent la réadoption et la mise en œuvre du PAN 2022, un financement approprié pour les services de protection et de prévention, la formation des autorités à être proactives dans l’identification de la traite et l’information du public, des migrants et des victimes potentielles de leurs droits. L’application de ces actions de base crée un précédent pour le changement et les fondations d’un avenir meilleur.

– Ruairi Greene
Photo : Flickr

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