En 2018, environ 1,9 million d'indigènes vivent en Colombie. Selon l'Abcolombie, près de la moitié d'entre eux éprouvent une pauvreté extrême, tandis que plus de 60% de la population totale de la Colombie vit en dessous du seuil de pauvreté. Les communautés autochtones sont confrontées à des barrières distinctes et profondément enracinées qui perpétuent cette inégalité, souvent liée au conflit, au déplacement et à la discrimination.
Conflit armé et déplacement
La Colombie a subi des décennies de conflits armés, à partir de 1964 avec l'émergence de groupes de guérilla tels que les forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée nationale de libération (ELN). Bien qu'un accord de paix ait été signé avec le FARC en 2016, la violence et le déplacement restent des défis continus.
Les communautés autochtones sont particulièrement vulnérables dans ce contexte. En raison de leur isolement géographique et de leur représentation politique limitée, de nombreuses familles autochtones vivent dans des zones de conflit et font face à des différends territoriaux impliquant des acteurs armés. L'Abcolombie rapporte que plus de 300 autochtones ont été déplacés de force ces dernières années. Les enfants de ces communautés sont également confrontés à un risque accru: depuis 2016, plus de 8 000 enfants autochtones ont été recrutés par des groupes armés.
Discrimination systémique et violations des droits
La discrimination historique continue d'affecter des peuples autochtones en Colombie. Bien que la Constitution de 1991 ait officiellement reconnu ses droits, l'application de la loi reste incohérente. De nombreux groupes autochtones sont toujours confrontés à l'exclusion de la prise de décision et des services publics.
La dépossession des terres, les menaces et les attaques contre les dirigeants communautaires persistent. Le plaidoyer pour les droits autochtones peut être dangereux: en 2023, la Colombie a enregistré 142 tueries de défenseurs des droits de l'homme, près de la moitié du total mondial. Les défenseurs autochtones sont parmi ceux les plus fréquemment ciblés. La violence entrave l'organisation communautaire, affaiblit les réseaux de soutien et perpétue les cycles de pauvreté.
Voies de soutien et de développement
Malgré les défis, les organisations de la Colombie s'efforcent de soutenir les communautés autochtones et de réduire la pauvreté. L'assistance ciblée et le plaidoyer sont essentiels pour améliorer les conditions de vie et assurer l'accès à l'éducation, aux soins de santé et à la protection juridique.
- Scottish Catholic International Aid Fund (SCIAF). Fondée à l'origine en 1985, SCIAF soutient les communautés autochtones et afro-colombiennes en renforçant la résilience aux catastrophes, les droits fonciers et l'accès aux services de base.
- Groupe de travail international pour les affaires autochtones (IWGIA). IWGIA favorise les droits autochtones et l'autodétermination. En Colombie et dans d'autres pays d'Amérique du Sud, il se concentre sur les droits fonciers et l'équité entre les sexes chez les femmes autochtones.
- Amnesty International. Cette organisation finance des campagnes et fournit des recherches pour aider les groupes minoritaires dans différents pays. En Colombie, Amnesty International défend les droits des groupes autochtones menacés par les conflits armés, les déplacements et la violence.
En avant
Les efforts visant à réduire la pauvreté autochtone en Colombie impliquent de plus en plus de renforcement de la gouvernance locale, de l'accès à l'éducation et des droits des terres juridiques. Selon le Fonds international pour le développement agricole (IFAD), la sécurité foncière est un catalyseur clé pour les avantages multiples dans l'éradication de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la nutrition. L'élargissement de telles mesures en Colombie offre une voie pour améliorer la stabilité économique tout en protégeant le patrimoine culturel. Les programmes nationaux et internationaux continuent de soutenir la participation de la société civile, l'autonomie territoriale et le développement rural. Les améliorations à long terme dans ces domaines restent liées à des investissements soutenus, à l'application des protections existantes et à la collaboration avec des organisations dirigées par des autochtones.
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