Le Suriname est un petit pays côtier situé au nord-est de l’Amérique du Sud. La pauvreté reste un défi important dans le pays, avec 17,5 % de la population vivant en dessous du seuil national de pauvreté.
Le handicap comme multiplicateur de pauvreté
Des études portant sur la nature intersectionnelle de la pauvreté ont démontré que le handicap et la pauvreté sont fortement interdépendants au Suriname.
Si l’on examine les taux de pauvreté multidimensionnelle, 25 % des personnes ayant « au moins beaucoup de difficultés fonctionnelles » sont pauvres multidimensionnellement. Cela se compare à 21 % de ceux qui ont « quelques difficultés fonctionnelles » et à 16 % de ceux qui n’ont « aucune difficulté ».
Il existe également une différence de 8 % entre les groupes handicapés et non handicapés en ce qui concerne l'accès déclaré à des installations sanitaires gérées en toute sécurité. Parmi les répondants, 96 % de ceux qui n’ont « aucune difficulté » ont déclaré un accès complet, contre 87 % de ceux qui ont « au moins beaucoup de difficultés fonctionnelles ».
Accès au marché du travail et à l'éducation
Les personnes handicapées au Suriname sont également confrontées à plusieurs obstacles à la mobilité sociale par rapport à la population non handicapée.
Selon les statistiques de l'Organisation internationale du travail (OIT) de 2020, 39,9 % de la population handicapée était employée au Suriname, contre 53,2 % des personnes non handicapées. De même, il y avait une différence de près de 15 % entre les taux d'activité économique, avec 42,3 % des adultes handicapés âgés de 15 à 64 ans considérés comme économiquement actifs, contre 57,9 % des répondants non handicapés.
L’accès à l’éducation varie également entre les groupes handicapés et non handicapés. Sur un groupe d'enfants interrogés âgés de 6 à 14 ans, 69 % de ceux qui connaissent « beaucoup de difficultés » ont fréquenté l'école, contre 82 % de ceux qui ont « quelques difficultés » et 94 % des enfants non handicapés.
Les populations handicapées du Suriname sont donc particulièrement vulnérables aux cycles de pauvreté, en particulier compte tenu de leur risque accru de chômage, qui contribue largement à la pauvreté.
Action pour lutter contre la pauvreté des personnes handicapées
En 2024, un projet dirigé par la Banque interaméricaine de développement (BID) a été approuvé pour renforcer le système de protection sociale du pays. 40 millions de dollars ont été alloués à cette initiative, qui vise à protéger les populations surinamaises les plus vulnérables, y compris les personnes handicapées. La BID s'est engagée à soutenir 20 000 personnes handicapées et leurs familles.
Plusieurs organisations continuent également de fournir des services et un soutien aux personnes handicapées au Suriname.
Opo Doro, une institution fournissant des services à domicile aux personnes handicapées au Suriname, a étendu son impact grâce à un récent soutien financier. En conséquence, il a créé un service de garderie et d'atelier qui offre aux communautés handicapées des compétences pratiques.
Surcare est un autre projet fondé pour collecter des fonds pour un foyer de soins pour personnes handicapées au Suriname.
Organisation américaine lancée en 2024, Surcare soutient la maison de retraite In de Ruimte en aidant à combler les déficits de financement non couverts par les dons locaux ou le soutien du gouvernement. La fondation œuvre également à la sensibilisation au travail du foyer.
Regarder vers l'avenir
Bien qu'il reste encore du travail à faire pour relever les défis interdépendants du handicap et de la pauvreté au Suriname, l'ampleur des investissements de la BID suggère une attention accrue au soutien des communautés handicapées. Les projets internationaux et les initiatives communautaires indiquent des progrès vers l’amélioration des conditions de cette population vulnérable.
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