
Les Samoa ont été ajoutées à la liste des pays les moins avancés (PMA) de l'ONU en 1971. L'adhésion à cette liste est déterminée par le revenu national brut, les résultats en matière de santé et d'éducation et d'autres facteurs. Bien qu’il soit intimidant de figurer sur cette liste, cela donne à de nombreux pays la possibilité d’en sortir.
Dans le cas du Samoa, des niveaux élevés d’éducation générale associés à un nombre limité de possibilités d’emploi formel peuvent constituer un casse-tête. Même si les Samoans sont bien éduqués, le pays a manqué pendant de nombreuses années d'un système structuré de formation professionnelle qui alignait l'éducation sur les besoins du marché du travail local. En conséquence, les jeunes partent souvent à l’étranger, où les économies plus grandes récompensent leurs compétences existantes.
Bien que la migration ait légèrement diminué ces dernières années, les Samoa continuent d’expatrier plus de personnes qu’elles n’en gagnent. Pour cette raison, le pays abrite l’une des plus grandes diasporas d’outre-mer du Pacifique. Cette réalité témoigne de l’urgence de créer de nouvelles voies pour encourager les Samoans en âge de travailler à rester dans le pays. La rétention des talents n’est pas simplement une préoccupation démographique : elle est essentielle au maintien de la croissance économique, au renforcement des capacités locales. industries et réduire la dépendance à long terme aux envois de fonds.
Conscient de ce défi, la construction délibérée d’enseignement et de formation professionnels à Samoa ou d’EFTP est devenue une priorité au cours des 15 dernières années. Ces réformes commencent à porter leurs fruits, mais leur succès à long terme dépend d’investissements soutenus et d’un soutien politique continu.
Comment le système a été construit
Un tournant majeur s'est produit en 2010 avec l'adoption de la loi sur l'Autorité des qualifications du Samoa. Cette législation a établi un cadre national pour définir les normes de formation et les qualifications à tous les niveaux d'enseignement, des programmes de certificat aux diplômes de doctorat. Pour la première fois, des normes claires et reconnues au niveau national régissaient l'enseignement et la formation professionnels au Samoa. Après des années de progrès, le pays a pu sortir de la liste des PMA en 2014, quatre ans seulement après la restructuration de l'enseignement et de la formation professionnels au Samoa.
Ce cadre a servi de base à l’expansion des programmes d’EFTP à travers le pays. En formalisant les qualifications et en alignant la formation sur les besoins de l'industrie, Samoa a commencé à combler les écarts de longue date entre l'éducation et l'emploi. L’objectif n’était pas seulement d’améliorer les compétences, mais aussi de garantir que ces compétences correspondent aux priorités économiques locales telles que la construction, l’agriculture, le tourisme et les métiers spécialisés.
Sur cette base, le ministère de l’Éducation, des Sports et de la Culture a introduit la politique nationale d’EFTP dans les écoles en 2018, couvrant la période jusqu’en 2023. Cette politique était spécifiquement axée sur l’intégration de la formation professionnelle dans le système éducatif national et sur la promotion de l’EFTP en tant que voie viable et respectée pour les jeunes. Il mettait l’accent sur l’employabilité, la préparation à la main-d’œuvre et la croissance économique, tout en visant également à modifier les perceptions du public qui considérait depuis longtemps la formation professionnelle comme inférieure à l’enseignement universitaire.
À quoi ressemblent les progrès
Les Samoa constatent désormais des signes encourageants indiquant que ces réformes fonctionnent. La participation aux programmes formels d’EFTP a augmenté et la stigmatisation entourant l’enseignement professionnel s’estompe progressivement. Les jeunes considèrent de plus en plus la formation commerciale et technique comme des voies pratiques et respectées vers un emploi stable.
Ces changements commencent à se traduire par des gains économiques plus larges. L'emploi dans le secteur formel est en croissance et les inscriptions dans l'enseignement supérieur ont augmenté. Même s’il faut du temps pour mesurer le plein impact des réformes du marché du travail, les premiers indicateurs sont prometteurs. Le taux de chômage des adultes aux Samoa s'élève à environ 2,8 % et le pays a connu une croissance régulière de son PIB ces dernières années.
Même si les réformes de l’EFTP ne sont pas seules responsables de ces résultats, elles suggèrent que l’alignement de l’éducation sur les besoins du marché du travail contribue à améliorer la résilience économique.
La voie à suivre
Malgré ces progrès, l’enseignement et la formation professionnels au Samoa restent un système qui manque de ressources. L’élargissement de l’accès, le maintien des normes de qualité et l’alignement des programmes sur les besoins changeants de l’industrie nécessiteront des investissements continus. Sans cela, les progrès réalisés au cours de la dernière décennie risquent de stagner.
En fin de compte, le renforcement de l’EFTP ne se limite pas à la formation de compétences. Il s’agit de donner aux Samoans des opportunités significatives de créer des moyens de subsistance chez eux, de réduire la pression migratoire et de garantir que la croissance économique profite aux communautés locales. Avec un engagement soutenu, l’enseignement professionnel peut aider les Samoa à retenir leur jeune main-d’œuvre et à se positionner comme un acteur plus fort et plus autosuffisant dans l’économie mondiale.
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