Innovations dans l'éradication de la pauvreté en Roumanie

Éradication de la pauvreté en RoumanieÉradication de la pauvreté en RoumanieVisiter la Roumanie peut donner l’impression de voyager dans deux pays distincts. D’un côté, des villes urbaines en croissance rapide telles que Bucarest et Cluj prospèrent. D’un autre côté, la pauvreté et la stagnation affectent les communautés rurales et les petites villes.

Selon la Brookings Institution, plus de 25 % de la population vit avec moins de 5,50 dollars par jour. Ce problème s'aggrave parce que la plupart des personnes touchées vivent dans des régions rurales, où 75 % de la population vit dans la pauvreté. De nombreux citoyens manquent d'eau potable et les enfants luttent pour maintenir une éducation dotée de ressources suffisantes ; En Roumanie, 40 % des enfants ne savent ni lire ni écrire de manière fonctionnelle, et un enfant sur cinq abandonne complètement l'école. Les racines communistes de la Roumanie au milieu du XXe siècle expliquent en grande partie la pauvreté persistante du pays.

La Roumanie échappe au communisme

Les dirigeants communistes ont imposé un contrôle centralisé sur la Roumanie après la Seconde Guerre mondiale. Nicolae Ceaușescu est devenu dirigeant en 1965 et a supervisé l'industrialisation forcée qui a contribué à une pauvreté extrême et à la répression, selon Local Histories. La révolution roumaine de 1989 a mis fin au régime et la Roumanie est passée à une économie de marché. Ce changement continue d’influencer les innovations en matière d’éradication de la pauvreté en Roumanie.

Cette transition s’est avérée difficile car le régime communiste contrôlait directement de nombreuses industries clés. Avec l’effondrement de ces industries, de nombreuses villes petites et moyennes qui en dépendaient ont stagné. Finalement, grâce à la libéralisation, à la privatisation et à la réforme politique, la Roumanie s'est améliorée sur le plan économique. L'adhésion de la Roumanie à l'OTAN en 2004 et à l'UE en 2007 a marqué un tournant pour les citoyens, mais elle a également révélé des lacunes en matière de développement et de justice sociale. Cela était particulièrement vrai pour de nombreux enfants vivant dans des populations vulnérables.

Changement piloté par la communauté

En 2014, pour lutter contre l'extrême pauvreté que connaissent les familles roumaines, la Fondation Botnar s'est associée à l'UNICEF et aux gouvernements norvégien et roumain pour développer un programme pilote dans 45 communautés de la région de Bacău. Leur solution, le modèle du paquet minimum de services (MPS), visait à élargir l'accès des enfants roumains aux services nécessaires et à améliorer leurs résultats scolaires.

Une innovation dans l'éradication de la pauvreté en Roumanie a résulté de la plateforme numérique Aurora, qui organise et évalue efficacement les données pour le modèle MPS. Une équipe formée composée d'un travailleur social, d'une infirmière communautaire et d'un conseiller scolaire a utilisé cette plateforme pour collecter des données sur chacun des besoins de la famille.

L'approche non traditionnelle du programme en matière de changement social a apporté de nombreux avantages :

  • Basé sur les données : L'intégration d'Aurora a rendu le modèle MPS plus efficace en offrant des conseils fondés sur des preuves pour soutenir les enfants et les familles au sein du système de protection sociale. Aurora permet en outre une visualisation claire des données, rendant le modèle évolutif et reproductible dans toutes les communautés et régions.
  • Rentable : Les mesures préventives telles que la réduction des taux d’abandon scolaire, la limitation des séparations familiales et l’augmentation de la couverture vaccinale ont réduit les dépenses à long terme des agences gouvernementales.
  • Axé sur la communauté : Les familles ont souvent du mal à s’y retrouver dans un système de protection sociale complexe. Ce programme a éliminé bon nombre de ces obstacles en fournissant des conseils et un soutien complets aux ménages, évitant ainsi aux familles vulnérables de passer entre les mailles du filet.
  • Holistique : Pour maximiser l'impact du programme, les équipes échangent des informations grâce à une forte communication horizontale (intercommunautaire) et verticale (national-comté-communauté). Le programme a également donné la priorité à une formation complète, dotant les équipes de compétences en analyse de données et en planification de projets.

Impact du programme MPS

L'UNICEF a mené des évaluations indépendantes en 2017 et 2019 pour déterminer l'efficacité du programme. Le rapport de 2017 a révélé une diminution de 20 % du nombre de ménages avec des enfants exposés au risque de violence domestique et les coûts estimés sont tombés à moins de 46 dollars américains par enfant. En outre, l'évaluation de 2019 a réaffirmé sa rentabilité, déterminant que le coût par personne du modèle MPS était d'un tiers pour les cas actifs et d'un dix-huitième pour les cas clôturés par rapport à des projets similaires financés par des programmes européens.

En renforçant les services communautaires et en mettant l'accent sur la prévention dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la protection sociale, cette initiative a établi la norme en matière d'innovation dans l'éradication de la pauvreté en Roumanie et dans toute l'Europe.

*