L'éducation au Botswana – Le projet Borgen

Le Botswana continue de considérer l’éducation comme un moteur essentiel du développement national. Depuis son indépendance en 1966, le pays a réalisé des progrès impressionnants en matière d’amélioration de l’accès à l’apprentissage et d’augmentation des taux d’alphabétisation. Le système éducatif est géré principalement par deux organismes gouvernementaux : le ministère de l'Éducation de base, qui supervise l'enseignement primaire et secondaire, et le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, qui régit l'enseignement supérieur et la formation professionnelle.

La structure du système éducatif du Botswana suit un modèle 7-3-2. Les élèves commencent généralement l’école primaire à 6 ans et accomplissent sept années d’apprentissage de base avant de passer au collège pendant trois ans. Ensuite, ils peuvent accéder au lycée, un cycle de deux ans qui les prépare à l’université, à l’enseignement professionnel ou à l’emploi. Bien que l’enseignement public représente plus de 85 % du total des inscriptions, les établissements privés et l’enseignement à domicile jouent également un rôle dans le paysage éducatif plus large. Selon le Bureau des statistiques du Botswanaplus de 96 % des enfants éligibles sont inscrits à l’école primaire, avec un taux d’achèvement supérieur à 90 % en 2022.

Investissement, politique et lacunes persistantes

Le Botswana possède depuis longtemps l'un des plus hauts niveaux de dépenses publiques d’éducation en Afrique. En 2020, l’éducation représentait 8,06 % de son produit intérieur brut (PIB), dépassant de loin la moyenne mondiale d’environ 4,6 %. Cet engagement s'aligne sur le programme de développement plus large du pays, y compris la Vision 2036, qui vise à transformer le Botswana en une économie à revenus élevés et fondée sur la connaissance. Les quatre valeurs fondamentales qui guident la politique éducative – démocratie, développement, autonomie et unité – sont essentielles à la réalisation de cette vision.

Néanmoins, les inégalités éducatives restent un problème majeur dans les régions rurales. Par exemple, les résultats récents du Junior Certificate Examination révèlent que le taux de réussite global au niveau C ou mieux a légèrement augmenté pour atteindre 36,3 %, mais les étudiants issus de régions essentiellement rurales, comme Ghanzi et le Nord-Ouest, sont loin derrière les zones urbaines comme le Nord-Est et le Sud-Est. En outre, les analyses au niveau du district confirment que jusqu'à 35 % des jeunes ruraux sont confrontés à des taux d'abandon scolaire plus élevés que ceux des villes. Les principaux facteurs expliquant cette sous-performance sont la médiocrité des infrastructures, les ressources pédagogiques limitées et les ratios élèves/enseignant élevés. Ces défis contribuent à des résultats d’apprentissage inégaux et soulignent la nécessité d’investissements ciblés pour réduire le fossé entre zones urbaines et zones rurales.

Combler le fossé : réformes et partenariats

Pour remédier à ces disparités persistantes, le Botswana a mis en œuvre une série de réformes nationales et s'est engagé dans des partenariats internationaux. Sur le plan intérieur, la politique d'éducation inclusive du gouvernement de 2013 s'engage à pour aider les enfants ayant des besoins d’apprentissage divers, élargir le soutien aux groupes marginalisés et fournir davantage d’outils d’apprentissage aux écoles sous-financées. Au niveau international, le pays collabore avec l'UNICEF et l'ONU dans le cadre de son cadre national de coopération pour le développement durable (2022-2026) pour atteindre les cibles de l'ODD 4, en donnant notamment la priorité à l'égalité d'accès pour les filles, les pauvres et les apprenants à distance. Il est clair que, même si l'essentiel du leadership politique reste gouvernemental, le Botswana s'appuie de plus en plus sur l'expertise et les financements mondiaux pour combler le déficit éducatif.

Dans l’ensemble, en donnant la priorité à l’inclusion, à la qualité et à l’innovation, le Botswana vise à garantir que l’éducation ne soit pas seulement un droit mais aussi un catalyseur du progrès national. Le niveau élevé d'investissement du gouvernement, combiné aux réformes stratégiques et à l'adoption de technologies, place le pays en position de lancer une nouvelle ère d'apprentissage.

Photo: Flickr

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