Georgine Grésenguet a enseigné la littérature dans une université en République centrafricaine. En 2014, elle décide de profiter du programme de bourses de la Francophonie canadienne pour venir au Canada et approfondir ses apprentissages afin de perfectionner ses méthodes d'enseignement et de partager ses nouvelles connaissances avancées avec d'autres enseignants de son pays. Elle a obtenu une bourse à l'Université du Québec à Trois Rivières, où elle a travaillé avec des universitaires canadiens qui l'ont initiée aux pratiques éducatives nord-américaines. De retour chez elle pour continuer à y enseigner, elle a transmis à ses collègues les méthodes de recherche et les stratégies d'enseignement mises à jour qu'elle avait apprises au Canada.
Cela lui a permis de moderniser le contenu de ses cours et d’être un meilleur mentor auprès de ses étudiants et collègues. « Cette période de stage était comme une année sabbatique, un moment où un universitaire peut se consacrer entièrement à la recherche », a-t-elle déclaré.
Arrière-plan
Affaires mondiales a financé le programme canadien de bourses de la Francophonie entre 2020 et 2024 en partenariat avec l'Organisation internationale de la Francophonie pour offrir aux éducateurs des pays francophones en développement une formation professionnelle dans les programmes canadiens de maîtrise ou de doctorat permettant aux éducateurs de transférer cette formation à leurs collègues de retour au pays et d'élargir les opportunités pour les étudiants (en particulier les femmes).
Dans une déclaration publiée sur le site Internet d'Affaires mondiales Canada en 2025, l'ancienne ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly a souligné l'importance de collaborer et de soutenir les pays francophones en développement. « Bien plus qu'une langue partagée, le français représente les valeurs de paix, de démocratie et de solidarité incarnées par les États membres et les gouvernements de l'Organisation de la Francophonie sur les 5 continents. Cette solidarité est plus importante que jamais si nous voulons trouver des solutions aux défis économiques, sociaux, climatiques et sécuritaires auxquels nous sommes confrontés », a-t-elle déclaré.
Les statistiques montrent que 756 boursiers ont été formés au Canada, dont 327 femmes, et que 574 ont terminé leur programme, dont 235 femmes.
Exemples
Kanchana Thilakoun a reçu une bourse du programme de bourses de la Francophonie canadienne pour venir au Canada étudier l'autonomisation des femmes à l'Université Laval à Québec. Ses recherches sur l'autonomisation des femmes et les programmes nutritionnels l'aident à concevoir et à évaluer des programmes de nutrition et de santé maternelle dans les zones rurales du Laos en utilisant des preuves scientifiques.
C’est exactement ce que souhaitaient les concepteurs du Programme canadien de bourses de la Francophonie : permettre aux étudiants de rapporter dans leur pays d’origine les connaissances acquises. Les étudiants ont apporté des méthodes d'enseignement modernes, élargi leurs collaborations de recherche avec des universités canadiennes, créé de nouveaux programmes d'études supérieures et de recherche et formé des centaines d'étudiants et d'éducateurs dans leur pays d'origine.
Les universités francophones canadiennes reconnaissent le Programme canadien de bourses de la Francophonie comme étant mutuellement bénéfique. Les étudiants acquièrent de nouvelles expériences et connaissances qu’ils peuvent rapporter dans leur pays d’origine, et les universités bénéficient de la solide capacité et du leadership des étudiants. Comme le dit Basel Alashi, vice-président des partenariats internationaux au Bureau canadien de l'éducation internationale : « Les institutions ont besoin de leaders et les dirigeants ont besoin d'institutions dotées de capacités renforcées, et cela continuera d'être réalisé grâce à des programmes innovants tels que le PCBF. »
L'avenir
Les diplômés qui retournent dans leur pays d’origine sont souvent confrontés à de nouveaux défis. Des ressources limitées pourraient rendre difficile le maintien des mêmes normes de travail qu’au Canada, et certains se heurtent à des obstacles liés au sexe malgré leur formation avancée. Ces réalités soulignent l’importance de maintenir des partenariats internationaux qui soutiennent l’apprentissage et la collaboration continus. Un exemple est l'Espace Francophone PLC, qui met en relation des anciens élèves francophones afin qu'ils puissent partager leurs connaissances et leurs meilleures pratiques après leur retour chez eux.
Des histoires comme celle de Georgine et de Kanchana font comprendre le véritable impact de ces bourses. Ces femmes ont non seulement réussi à améliorer l'expérience d'apprentissage des étudiants et le matériel pédagogique enseigné, mais elles ont également contribué à remodeler le leadership dans les systèmes éducatifs francophones. Ce programme dans ces histoires montre comment une nouvelle génération de femmes peut être habilitée à poursuivre des études supérieures et à faire progresser l'inclusion dans leur pays.
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