L’Ouganda a connu une croissance économique notable au cours des deux dernières décennies. Pourtant, la pauvreté, l’insécurité alimentaire et l’accès limité aux soins de santé restent des défis persistants, en particulier dans les régions rurales et accueillant des réfugiés de l’Ouganda. Selon les estimations de la Banque mondiale, l'Ouganda taux de pauvreté national s’élevait à environ 21,4 % en 2016, avec des taux nettement plus élevés dans les zones rurales.
L’insécurité alimentaire et la dénutrition ont renforcé ces vulnérabilités, contribuant à de mauvais résultats en matière de santé et limitant le niveau d’éducation des enfants. En réponse, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont mis en œuvre une série d'initiatives pour s'attaquer aux facteurs immédiats et structurels de la pauvreté et du mauvais état de santé en Ouganda.
Initiatives du PAM : alimentation scolaire, nutrition et sécurité alimentaire
Entre 2016 et 2020, le PAM a mis en œuvre son programme de pays pour l'Ouganda, qui donne la priorité à la sécurité alimentaire comme fondement du développement à long terme. Un pilier central de cette stratégie était la Alimentation scolaire produite sur place (HGSF), qui fournit des repas quotidiens aux écoliers tout en s'approvisionnant directement auprès des petits agriculteurs locaux. Cette approche a été conçue pour lutter contre la faim des enfants et améliorer les résultats scolaires tout en renforçant simultanément les moyens de subsistance en milieu rural.
Selon un entretien du PAM avec un responsable de programme du PAM en Ouganda, l'initiative HGSF a réduit l'absentéisme lié à la faim parmi les écoliers tout en améliorant la stabilité des revenus des ménages pour les agriculteurs grâce à des achats locaux prévisibles. L'entretien souligne qu'en reliant les écoles aux producteurs agricoles voisins, le programme considère l'aide alimentaire à la fois comme une intervention nutritionnelle et économique plutôt que comme une aide à court terme. Les rapports du PAM indiquent que les programmes d'alimentation scolaire ont bénéficié à des centaines de milliers d'enfants chaque année, en particulier dans les régions en situation d'insécurité alimentaire telles que Karamoja, où la faim chronique a toujours compromis les résultats scolaires.
Outre les repas scolaires, le PAM a élargi ses programmes de nutrition maternelle et infantile, ciblant les femmes enceintes et les jeunes enfants aux stades critiques de leur développement. Les évaluations du plan stratégique de pays du PAM pour l'Ouganda ont révélé des améliorations dans les scores de consommation alimentaire des ménages et dans la diversité alimentaire des communautés participantes.
Initiatives du PNUD : Croissance inclusive et infrastructures de santé
Alors que les interventions du PAM se concentraient sur les systèmes alimentaires et la nutrition, le PNUD s'attaquait aux déterminants économiques et infrastructurels plus larges de la pauvreté et de la santé. Grâce à ses programmes de croissance inclusive et de résilience, le PNUD a soutenu la création d’emplois, le micro-entrepreneuriat et l’accès aux énergies renouvelables, facteurs étroitement liés à la réduction de la pauvreté à long terme.
L'une des interventions les plus efficaces du PNUD a été la solarisation des établissements de santé ruraux. L'organisation pris en charge l'installation de systèmes d'énergie solaire dans 26 établissements de santé ruraux, améliorant ainsi l'accès aux soins de santé pour plus de 700 000 personnes. Avant l’électrification, de nombreuses installations dépendaient d’un réseau électrique ou de générateurs diesel peu fiables, ce qui limitait leur capacité à fournir des soins cohérents.
Le PNUD rapporte que les installations alimentées à l'énergie solaire ont amélioré le stockage des vaccins, étendu les services d'urgence nocturnes et renforcé les soins de santé maternelle. En renforçant les infrastructures de santé, ces initiatives ont réduit le fardeau économique de la maladie sur les ménages. Ils ont amélioré la résilience globale des systèmes de santé ruraux.
Impact mesurable : réduction de la pauvreté et amélioration de la santé
Les effets combinés des initiatives du PAM et du PNUD se reflètent dans les indicateurs de développement national. Entre 2016 et 2020, la pauvreté en Ouganda refusé à 20,3%. Bien que de multiples facteurs aient contribué à cette tendance, les rapports du PNUD et du PAM identifient l'amélioration de la sécurité alimentaire, de la protection sociale et de la prestation de services comme des contributeurs clés.
Les indicateurs de nutrition et de santé se sont également améliorés au cours de la même période. Les taux nationaux de retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans ont diminué, passant d'environ 29 % en 2016 à 26 % en 2022, reflétant les progrès réalisés en matière de nutrition maternelle, de pratiques d'alimentation des enfants et d'accès aux soins de santé. Dans les districts accueillant des réfugiés, les transferts monétaires liés aux services de nutrition et de santé soutenus par le PAM ont amélioré la diversité alimentaire.
Ils ont réduit le recours à des stratégies d’adaptation négatives. Les preuves vidéo basées sur des entretiens du PAM renforcent encore ces conclusions en illustrant comment les programmes d'alimentation scolaire ont amélioré la fréquentation scolaire et les résultats d'apprentissage, démontrant ainsi le potentiel de réduction de la pauvreté à long terme qu'offre l'investissement dans la nutrition et l'éducation des enfants.
Défis et contraintes actuelles
Malgré des progrès mesurables, des défis importants persistent. La volatilité du financement constitue une menace majeure pour la durabilité des programmes, en particulier dans les zones d’accueil des réfugiés. Les évaluations du PAM avertissent que les réductions du financement des donateurs ont conduit à des réductions des rations dans certaines régions, annulant ainsi les progrès réalisés en matière de sécurité alimentaire et de nutrition.
Les chocs climatiques, notamment les sécheresses et les inondations, nuisent encore davantage à la productivité agricole et aux moyens de subsistance en milieu rural, exerçant ainsi une pression supplémentaire sur les systèmes alimentaires. Les rapports du PNUD font également état de contraintes de capacité au niveau des collectivités locales, qui peuvent limiter la mise à l'échelle et l'institutionnalisation d'initiatives réussies. Ces défis mettent en évidence la nécessité d’investissements soutenus et d’une appropriation nationale plus forte des programmes de développement.
Conclusion
Les initiatives du PNUD et du PAM en Ouganda démontrent que la réduction de la pauvreté et l'amélioration de la santé sont plus efficaces lorsqu'elles sont abordées dans le cadre de stratégies intégrées et multisectorielles. Ces programmes associaient l'alimentation scolaire à l'agriculture locale. Ils ont élargi la protection sociale liée à la nutrition et ont également renforcé l’infrastructure des soins de santé grâce aux énergies renouvelables.
Ensemble, ces efforts ont répondu à la fois aux vulnérabilités immédiates et aux besoins de développement à long terme. Les baisses mesurables de la pauvreté et de la malnutrition infantile entre 2016 et 2022 suggèrent que les interventions de développement coordonnées peuvent produire des résultats tangibles, même dans des contextes complexes et aux ressources limitées. Alors que l’Ouganda continue d’être confronté aux risques climatiques, aux pressions démographiques et à l’incertitude financière.
Cependant, le modèle PNUD-PAM offre un exemple convaincant de la façon dont le développement et l’action humanitaire peuvent travailler ensemble pour produire des résultats durables et inclusifs.
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