La Turquie accueille l'une des plus grandes populations de réfugiés au monde, avec plus de 3 millions de réfugiés syriens enregistrés, selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Les pressions économiques ont rendu difficile l’accès à un emploi stable pour de nombreuses personnes déplacées et pour les citoyens vulnérables. En réponse, la formation professionnelle des réfugiés en Turquie est devenue une stratégie visant à renforcer les moyens de subsistance tout en promouvant une participation économique partagée.
De nombreux réfugiés en Turquie se heurtent à d'importants obstacles lorsqu'ils tentent d'accéder au marché du travail formel, notamment un accès limité à la formation professionnelle certifiée, des difficultés en matière de reconnaissance des compétences et des exigences en matière de permis de travail. L’Organisation internationale du travail (OIT) rapporte que les obstacles réglementaires et structurels poussent de nombreux réfugiés vers un emploi informel, augmentant ainsi leur vulnérabilité et limitant leur stabilité à long terme. Dans le même temps, la hausse de l’inflation et l’instabilité du marché du travail ont exercé une pression économique croissante sur les citoyens turcs, en particulier sur les travailleurs des secteurs à faible revenu. En réponse, les décideurs politiques et les organisations de développement conçoivent des programmes qui alignent la formation professionnelle sur la demande des employeurs et encouragent les entreprises à embaucher formellement des travailleurs.
Aligner les compétences avec la demande de l'industrie
De novembre 2022 à janvier 2025, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a mis en œuvre une initiative de main-d'œuvre axée sur le secteur textile turc. Le projet visait à élargir les parcours d’emploi pour les réfugiés syriens et les membres des communautés d’accueil grâce à une formation professionnelle ciblée.
L'initiative, intitulée « Opportunités d'emploi décentes et durables pour les réfugiés et les communautés d'accueil dans le secteur textile turc », a aligné la formation directement sur les besoins du marché du travail. L'industrie textile turque reste l'un des principaux secteurs d'exportation du pays et une source importante d'emplois dans l'ensemble des chaînes de fabrication et d'approvisionnement. Le gouvernement de la République de Corée a financé le projet à hauteur de 178 620 dollars. Rien qu’en 2023, le programme a consacré 131 522 $ à des activités de formation et de mise en œuvre.
Plutôt que d'offrir une formation généralisée, le programme a développé des programmes d'études spécifiques au secteur en collaboration avec des partenaires de l'industrie textile pour répondre aux besoins identifiés du marché du travail. Il a proposé une formation sur le terrain dans les locaux de l'employeur, renforçant ainsi les compétences pratiques des participants et augmentant leurs chances d'obtenir un emploi formel et durable. En travaillant en étroite collaboration avec des acteurs du secteur privé, le projet a directement lié le développement des compétences aux parcours d'embauche.
Promouvoir la participation économique partagée
Le projet ciblait à la fois les réfugiés syriens et les citoyens turcs vulnérables, dans le but de renforcer la cohésion sociale en élargissant l'accès à la formation professionnelle et aux filières d'emploi formelles.
L’accès à l’emploi formel joue un rôle clé dans la stabilité économique. Les emplois formels offrent souvent des salaires réglementés, des conditions de travail plus sûres et un accès aux systèmes de protection sociale. Pour les personnes déplacées, un emploi stable peut réduire la dépendance aux marchés du travail informels, qui offrent souvent des revenus irréguliers et une protection limitée des travailleurs.
Outre l'initiative du PNUD dans le secteur textile, l'Organisation internationale du travail (OIT) a mis en œuvre des programmes plus vastes d'emploi et de formation professionnelle pour améliorer l'accès des réfugiés aux marchés du travail formels en Turquie. L'OIT travaille avec les institutions gouvernementales, les employeurs et les organisations de travailleurs pour développer le développement des compétences, promouvoir l'embauche formelle et renforcer la gouvernance du marché du travail.
Intégration économique et impact à long terme
La Banque mondiale souligne que l’intégration des réfugiés sur les marchés du travail peut contribuer à la croissance économique à long terme lorsque les programmes alignent le développement des compétences sur la demande des employeurs. Les initiatives de main-d’œuvre qui relient l’enseignement professionnel aux besoins des employeurs peuvent réduire le recours à l’aide à court terme tout en renforçant les économies nationales.
Au-delà des initiatives axées sur l’emploi, les agences internationales ont également investi dans le renforcement du secteur textile lui-même. Le programme InTex du Programme des Nations Unies pour l'environnement a formé 230 représentants de l'industrie et aidé 32 petites et moyennes entreprises à adopter des pratiques d'éco-innovation et de production circulaire dans sa première phase. En renforçant les capacités techniques au sein de la chaîne de valeur textile, ces programmes démontrent comment le développement des compétences peut améliorer à la fois la durabilité environnementale et la compétitivité économique dans les pays d'accueil des réfugiés.
Les programmes d’emploi sont de plus en plus reconnus comme un élément clé des stratégies de réponse aux réfugiés. Les agences de développement international notent que les déplacements à long terme nécessitent des solutions économiques qui vont au-delà de l’aide humanitaire à court terme. Lorsque les réfugiés ont accès à une formation professionnelle et à un emploi formel, ils contribuent à la consommation locale, à la productivité industrielle et à une activité économique plus large. Les pays d’accueil pourraient également bénéficier de la lutte contre les pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs spécifiques.
Réflexions finales
Le projet du PNUD dans le secteur textile s'est achevé en janvier 2025 après avoir achevé ses activités prévues. En combinant formation professionnelle ciblée, partenariats industriels et inscription inclusive, l'initiative a démontré comment la formation professionnelle pour les réfugiés en Turquie peut contribuer à la réduction de la pauvreté, à la résilience économique et à la prospérité partagée dans les pays d'accueil des réfugiés.
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