Progrès vers une couverture sanitaire universelle

Couverture maladie universelleL'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Rapport de suivi 2025 sur la couverture sanitaire universelle (CSU) indique que plusieurs défis persistent dans le processus complexe de réforme des soins de santé. Cependant, des améliorations ont été apportées à tous les niveaux en faveur de la CSU dans la plupart des pays et de nouveaux progrès sont possibles.

Couverture sanitaire universelle : objectifs et défis

La couverture sanitaire universelle a été reconnue comme une composante importante des objectifs de développement durable (ODD) de 2015, un ensemble de 17 objectifs adoptés par les États membres des Nations Unies (ONU) pour être atteints d'ici 2030. ODD 3 vise à garantir la santé et à promouvoir le bien-être de tous. Selon le rapport, « la CSU signifie que toutes les personnes reçoivent les services de santé dont elles ont besoin sans être confrontées à des difficultés financières ».

Selon l’OMS, en 2021, 4,5 milliards de personnes (plus de la moitié de la population mondiale) n’étaient pas couvertes par les services de santé essentiels. Même ceux qui bénéficient d’une couverture essentielle peuvent rencontrer des difficultés financières lorsqu’ils l’utilisent, en partie à cause des dépenses personnelles élevées. Ces coûts sont souvent catastrophiques pour les ménages déjà confrontés ou menacés par la pauvreté.

Selon le rapport de suivi 2025, les pays à faible revenu ont réalisé les progrès les plus rapides vers la CSU. Toutefois, ce sont ces pays qui ont encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre les objectifs de la CSU. Les pays à revenu faible ou intermédiaire sont particulièrement vulnérables maladies non transmissibles (MNT), qui, selon l’OMS, constituent une menace importante pour la santé dans les pays dépourvus de soins de santé adéquats.

Les MNT courantes comprennent les maladies cardiovasculaires, les cancers et les maladies respiratoires chroniques. Selon les estimations de l’OMS, près des trois quarts des décès dus aux maladies non transmissibles surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les progrès persistent

Plusieurs pays ont réalisé des progrès significatifs vers la CSU. Un article de 2023 dans Exemplars in Global Health (EGH) rend compte des mesures prises par des pays comme la Thaïlande, l’Éthiopie et le Ghana pour parvenir à la CSU. Ces études de cas suggèrent que l’adoption de la CSU n’est qu’une étape vers des soins de santé équitables, abordables et accessibles pour tous.

Ils soulignent l’importance d’une approche intégrative et holistique lors de la réforme de l’ensemble d’un système de santé.

Les investissements de la Thaïlande dans les soins de santé primaires portent leurs fruits

Le parcours de la Thaïlande en matière de réforme des soins de santé a illustré l'importance du renforcement systèmes de soins de santé primaires parallèlement à l’adoption d’un programme de CSU. Lorsque le pays a lancé son programme de CSU en 2002, il a répondu à la demande croissante en investissant massivement dans son personnel de santé publique, augmentant ainsi fortement le nombre de médecins, de sages-femmes et d’infirmières.

Le Directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné le rôle central des systèmes de santé primaires (PHS) dans la réalisation de la CSU. Il affirme que les investissements dans les PHS constituent « la voie la plus inclusive, la plus équitable et la plus efficace vers la CSU ». Les PHS peuvent améliorer la répartition des soins dans les zones rurales et urbaines.

En revanche, de lourds investissements dans les soins hospitaliers peuvent concentrer les agents de santé dans les villes. Une étude collaborative par la Banque mondiale et le gouvernement du Japon conforte cette conclusion. L’étude a porté sur 11 pays à différents stades de progrès vers la CSU.

Il en ressort que les progrès sont généralement progressifs et très spécifiques au contexte, avec des défis communs et la nécessité d’un engagement politique durable et de politiques adaptées pour étendre la couverture.

L’Éthiopie s’engage en faveur de l’équité en matière de soins de santé

Les progrès de l'Éthiopie en matière de CSU s'accompagnent d'un engagement en faveur de l'équité, comme en témoigne la reconnaissance des besoins spécifiques des femmes en matière de soins de santé. Ceci a été réalisé grâce au développement et à l’expansion des services et des ressources. Il s'agit notamment de la planification familiale, des soins prénatals, des centres d'accouchement et des professionnels qualifiés de la santé des femmes tels que les accoucheuses et les prestataires de soins obstétricaux.

Ces domaines de soins étaient un objectif clé du plan national de 2003 Programme de vulgarisation sanitaire. Selon la Banque mondiale, le programme a joué un rôle central dans les progrès considérables du pays en matière d'amélioration des résultats en matière de santé et d'élargissement de la couverture.

Diminution des coûts de reste à charge au Ghana

Le Ghana offre un autre exemple de progrès vers la CSU. Le système national d'assurance maladie du pays (NHIS), qui est fortement subventionné par les impôts et une cotisation nationale d'assurance maladie, rend les soins gratuits sur le lieu de service. Selon l’EGH, le NHIS a réduit les coûts de reste à charge pour les assurés.

Toutefois, le dispositif couvre moins de 70 % de la population. Les ménages les plus pauvres restent les plus vulnérables aux dépenses directes qui peuvent être financièrement catastrophiques. L’article note également que les factures médicales ne sont pas le seul facteur qui pèse sur les ménages.

D'autres coûts, tels que le transport, les tests de diagnostic et la perte de revenus due aux absences du travail, peuvent également nuire à la stabilité financière et au bien-être général d'une famille.

Remarques finales

Ces études de cas montrent ce que la réforme des soins de santé peut réaliser lorsqu'il y a un engagement en faveur de soins équitables, des approches pratiques et intégrées et une volonté d'adopter et d'adapter de nouvelles stratégies.

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