
Dans les quartiers informels du Kenya, où plus de la moitié des résidents urbains vivent sans titres fonciers officiels, un changement discret est en train de transformer la manière dont les droits fonciers sont établis. Grâce à des partenariats entre le gouvernement et des organisations internationales, le Kenya utilise l'imagerie satellite et des véhicules aériens sans pilote (UAV) pour cartographier et formaliser la propriété foncière, ouvrant ainsi des opportunités économiques à des millions d'habitants qui vivent depuis des décennies sans preuve légale de propriété.
Cartographier les non cartographiés
L'utilisation des données satellitaires par le Kenya pour régler les droits fonciers commence avec les technologies de télédétection testées dans des régions comme le comté de Kajiado. Les chercheurs ont développé des systèmes de cartographie intelligents combinés à la technologie des drones pour capturer des images haute résolution des quartiers informels. Selon une étude publiée dans la revue Télédétection en janvier 2020, ces méthodes ont permis d’atteindre des distances d’échantillonnage au sol d’environ six centimètres, offrant des détails sans précédent pour la cartographie des limites terrestres.
Une approche adaptée utilisée dans le comté de Makueni en 2017 a montré que la collecte de données sur le terrain pouvait être rapide et abordable. Comme le rapporte GIM International, deux enquêteurs ont collecté des données sur environ 40 parcelles en six heures à l'aide d'appareils portables affichant des images satellite sur des écrans mobiles. Les villageois parcouraient les périmètres de leurs terres pendant que les antennes GPS enregistraient les points de démarcation, créant ainsi un processus participatif qui relie directement les gens aux polygones sur des cartes numériques.
L’initiative KISIP
Le Projet d’amélioration des établissements informels au Kenya (KISIP) constitue l’effort le plus complet visant à formaliser le régime foncier dans les zones urbaines. Lancé en 2011 grâce à un partenariat entre le gouvernement du Kenya, la Banque mondiale, l'Agence suédoise de coopération internationale au développement et l'Agence française de développement, KISIP a bénéficié à plus de 1,4 million d'habitants.
Selon le Département d'État du logement et du développement urbain, le KISIP opère dans environ 40 comtés et se concentre sur la régularisation du régime foncier par la planification, l'arpentage et la délivrance de documents de propriété.
La deuxième phase du projet, qui a débuté en mars 2021, cible les établissements informels situés sur des terres publiques incontestées. Comme Les gens quotidiennement rapporté en juillet 2025, KISIP2 a préparé plus de 1 470 titres dans le seul comté de Nyeri, dont 540 ont déjà été publiés.
Transformation économique
L’impact économique d’un régime foncier sécurisé va bien au-delà de la propriété foncière. Les titres de propriété peuvent être utilisés comme garantie pour les prêts bancaires, permettant aux résidents d'investir dans des logements permanents et dans de petites entreprises. Un 2019 Capital Blogue L'article notait que les résidents de Nyalenda, dans le comté de Kisumu, utilisaient leurs nouveaux titres pour accéder à des prêts bancaires après avoir obtenu un titre d'occupation sécurisé grâce au KISIP.
En novembre 2024, le Cabinet a renoncé à 12,3 milliards de shillings d'intérêts sur les prêts à l'aménagement foncier, démontrant l'engagement du gouvernement à libérer le potentiel économique foncier. Selon Capital FM, la renonciation bénéficiera à des milliers de colons dans 520 projets de colonisation répartis dans 26 comtés, les aidant à obtenir des titres de propriété et à les utiliser comme garantie pour des investissements.
Peter Kagai, un agriculteur de 80 ans du village colonial de Kamuiri dans le comté de Nyeri, a déclaré : Les gens quotidiennement que posséder un titre de propriété a considérablement amélioré sa vie, lui permettant d'obtenir des prêts pour éduquer ses enfants et investir dans sa ferme.
La technologie rencontre la communauté
L'outil Modèle de domaine de tenure sociale d'ONU-Habitat s'est révélé efficace en matière de cartographie participative. Dans la colonie de Kwa Bulo, dans le comté de Mombasa, plus de 1 000 certificats d'occupation ont été délivrés grâce à des dénombrements participatifs et à des approches cartographiques. Selon ONU-Habitat, la sécurité d'occupation perçue a conduit à une augmentation des activités économiques, notamment de nouveaux commerces de détail et des projets de construction qui ont créé des opportunités d'emploi pour les jeunes.
Avoir hâte de
L'utilisation par le Kenya des données satellitaires pour régler les droits fonciers représente un modèle pour d'autres pays en développement en matière de régime foncier informel. La combinaison d'images satellite abordables, de technologie UAV et de cartographie menée par la communauté offre une solution évolutive qui respecte les connaissances locales tout en fournissant une documentation légalement reconnue.
Comme Flying Labs Kenya l’a rapporté en octobre 2024, les organisations continuent de développer les applications des drones dans les secteurs humanitaires et de développement, y compris la cartographie du régime foncier dans des comtés comme Kajiado.
Grâce à sa capacité à collecter des données rapidement et à moindre coût, la technologie est bien adaptée aux programmes de formalisation des terres à grande échelle. Le succès de ces initiatives montre que les solutions fondées sur la technologie, combinées aux partenariats et à la participation communautaire, peuvent remédier aux injustices foncières historiques et ouvrir la voie à des opportunités économiques. Pour des millions de Kenyans vivant dans des quartiers informels, les données satellitaires et les outils de cartographie numérique deviennent essentiels pour assurer leur avenir.
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