Initiatives en matière de logement et sans-abrisme en Guinée-Bissau

Sans-abri en Guinée-BissauSans-abri en Guinée-BissauLe sans-abrisme en Guinée-Bissau est mieux compris sous l’angle de l’insécurité du logement plutôt que sous celui du sommeil généralisé dans la rue. Dans les zones urbaines, en particulier dans la capitale Bissau, le manque de logement prend le plus souvent la forme de logements informels et surpeuplés où les résidents n'ont pas accès à des constructions durables et à des services de base tels que l'eau et l'assainissement. Ces conditions augmentent l’exposition au déplacement, à la maladie et à la marginalisation économique. L'ampleur de cette vulnérabilité reste considérable : le profil du secteur du logement montre qu'environ 74 % de la population vit dans des bidonvilles ou des établissements informels, ce qui reflète des déficits persistants en matière de qualité du logement, d'espace de vie et d'infrastructures essentielles.

Comment le sans-abrisme en Guinée-Bissau est un problème de développement

L’insécurité du logement en Guinée-Bissau reflète des contraintes structurelles plus profondes associées à de faibles niveaux de développement humain. Les données du Programme des Nations Unies pour le développement placent le pays dans la catégorie de faible développement humain, se classant 174 sur 193 pays avec un indice de développement humain de 0,514 en 2023.

Sur l’échelle de l’IDH, les valeurs plus proches de zéro indiquent de graves contraintes en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie, tandis que des scores plus élevés reflètent un accès plus cohérent à ces fondements du bien-être. Bien que la Guinée-Bissau ait réalisé des progrès progressifs au fil du temps, les déficits persistants dans ces dimensions continuent de façonner les résultats en matière de logement. L’accès limité à l’eau potable, à l’assainissement et à un abri durable nuit à la santé ; les conditions de vie surpeuplées perturbent la participation scolaire ; et l'instabilité du logement limite la capacité des ménages à assurer leurs moyens de subsistance. La mauvaise qualité du logement ne résulte donc pas simplement d’un faible développement humain, mais reproduit activement les désavantages en renforçant la vulnérabilité dans de multiples domaines.

Quartiers informels

À Bissau, les quartiers informels occupent souvent des zones qui n’ont pas accès aux services essentiels, notamment à l’eau potable, à l’assainissement et aux infrastructures énergétiques. L’absence d’un cadre global de planification urbaine contribue directement à cette tendance. Ces déficits d’infrastructures exposent les résidents à des risques environnementaux accrus, en particulier pendant les périodes de fortes pluies et d’inondations, qui endommagent les habitations et intensifient les cycles de déplacement. L’instabilité du logement n’est donc pas un problème social isolé mais s’inscrit dans le cadre de vulnérabilités structurelles plus larges qui nuisent à la santé, perturbent l’éducation et limitent la participation économique.

La recherche en santé publique montre que des conditions de logement inadéquates, notamment des espaces de vie surpeuplés et un mauvais assainissement, sont associées à des risques plus élevés de maladies infectieuses et d’autres problèmes de santé. Les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé sur le logement et la santé soulignent comment les logements surpeuplés et insalubres contribuent au fardeau de la santé en augmentant l'exposition des personnes aux maladies transmissibles et en nuisant à l'hygiène personnelle.

La lutte contre l’insécurité du logement fonctionne donc comme une intervention directe dans la réduction de la pauvreté plutôt que comme une préoccupation périphérique en matière de bien-être.

Solutions de logement actif en Guinée-Bissau

En réponse à ces défis, les initiatives de développement en Guinée-Bissau se concentrent de plus en plus sur le renforcement de la stabilité du logement en remodelant les cadres politiques et en comblant les lacunes en matière de planification urbaine et de fourniture d'infrastructures. Dans ce paysage, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) joue un rôle central. Depuis 2015, ONU-Habitat travaille aux côtés des autorités nationales et municipales pour renforcer la gouvernance urbaine et élargir l'accès à un logement convenable grâce à une assistance technique en matière de planification et d'élaboration de politiques.

Plutôt que de donner la priorité à l'aide à court terme, ONU-Habitat met l'accent sur le changement structurel à long terme en renforçant les systèmes qui façonnent la croissance des villes et la manière dont les logements sont planifiés et livrés. Dans le cadre de l’habitat et du développement urbain, ces travaux comprennent :

  • Fournir une assistance technique pour soutenir l’élaboration de cadres politiques nationaux en matière d’urbanisme et de logement.
  • Soutenir les processus d’aménagement du territoire qui guident une expansion urbaine plus durable et inclusive.
  • Promouvoir l’intégration du logement avec les infrastructures d’eau et d’assainissement dans des cadres plus larges de développement urbain.

Ensemble, ces interventions créent des conditions qui permettent au logement abordable et sûr de se développer au fil du temps, réduisant ainsi la dépendance à l'égard des établissements informels et réduisant la vulnérabilité au déplacement.

Impact mesuré et résultats politiques

Grâce à sa collaboration avec le gouvernement de Guinée-Bissau, ONU-Habitat a soutenu l'élaboration du Plan de développement durable de Bissau 2030, qui décrit une stratégie à long terme pour un développement urbain inclusif. Le cadre donne la priorité à la fourniture d’infrastructures et à une gouvernance plus efficace de l’utilisation des terres dans les zones à faible revenu où l’insécurité du logement reste la plus prononcée.

En attirant l'attention sur les quartiers informels et mal desservis, le plan cible les communautés les plus exposées à l'insécurité du logement. L'accent mis sur l'amélioration de la planification et de la fourniture d'infrastructures vise à réduire les risques environnementaux et à soutenir des modèles de développement résidentiel plus stables. Cette approche s’aligne sur l’analyse de la Banque mondiale montrant que les déficits en matière d’infrastructures de base et d’accès aux services en Guinée-Bissau aggravent l’exposition aux chocs et restreignent l’accès à la santé et à l’éducation – des conditions qui rendent plus difficile l’évasion de l’instabilité du logement.

Pourquoi les approches axées sur le logement sont efficaces

Le sans-abrisme en Guinée-Bissau reste un défi de développement important. Cependant, les initiatives axées sur le logement démontrent comment une planification urbaine coordonnée, une réforme politique et des investissements dans les infrastructures peuvent renforcer la stabilité urbaine. En s'attaquant aux conditions structurelles qui produisent l'insécurité du logement, ces interventions soutiennent des communautés plus saines et plus résilientes et contribuent à une réduction durable de la pauvreté dans l'une des économies les plus fragiles du monde.

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