Les Philippines luttent contre la pauvreté : une approche à plusieurs volets

Les Philippines luttent contre la pauvretéLes Philippines luttent contre la pauvretéLes Philippines luttent contre la pauvreté avec une stratégie à trois niveaux qui combine des transferts monétaires, des réformes éducatives et une couverture élargie des soins de santé, affirment les responsables, alors que les décideurs politiques visent à transformer l'aide à court terme en progrès durable.

Un filet de sécurité sociale plus solide

Au cœur du pays l'effort est le produit phare programme de transferts monétaires conditionnels connu sous le nom de Pantawid Pamiliyang Pilipino Program (4Ps). Le programme fournit des paiements réguliers en espèces aux ménages à faible revenu qui répondent à des critères spécifiques, notamment la fréquentation scolaire régulière des enfants et des visites régulières de soins de santé préventifs. L’idée est de fournir une protection immédiate contre des difficultés extrêmes tout en encourageant les familles à adopter des comportements qui renforcent le capital humain.

Les planificateurs gouvernementaux identifient la réduction de la pauvreté, les soins de santé universels et une éducation de qualité comme les trois « objectifs socio-économiques » clés qui animent ce programme.

Élargir l'accès à l'éducation

Sur le front de l’éducation, le gouvernement philippin a adopté la loi sur l’accès universel à un enseignement supérieur de qualité (RA 10931) en 2017. Elle prévoit des frais de scolarité gratuits et certaines subventions pour les frais de scolarité dans les universités et collèges publics et offre une « subvention à l’enseignement supérieur » (TES) pour les étudiants des établissements privés dans des conditions particulières. La politique a bénéficié davantage plus de deux millions d'étudiants.

Les responsables affirment que la gratuité de l'enseignement supérieur est un moyen essentiel d'offrir aux ménages à faible revenu les moyens d'accéder à un emploi stable, contribuant ainsi à briser le cycle de la pauvreté. Par exemple, les ménages 4P sont encouragés à recourir aux programmes d’aide aux étudiants. Pourtant, les analystes notent que la participation des déciles les plus pauvres reste inférieure à celle des déciles plus riches ; en 2019, seulement environ 6,1% des étudiants provenaient des ménages les plus nécessiteux, tandis que les parts les plus élevées provenaient des ménages les plus aisés.

Investissement dans les soins de santé et protection contre les risques

Les Philippines luttent également contre la pauvreté en s’efforçant de renforcer l’accès aux soins de santé grâce à leur loi sur les soins de santé universels (CSU). Il vise à réduire le risque financier lié à la maladie et à étendre la prestation de services, en particulier pour les personnes en situation de pauvreté. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les dépenses personnelles élevées et lacunes des services de santé ont été des facteurs de pauvreté dans le pays.

Une étude menée par l'Institut philippin d'études sur le développement (PIDS) a identifié d'importantes lacunes en matière de couverture géographique : alors que la plupart des grandes régions ont assurance maladie nationale taux de scolarisation supérieurs à 90 %, les provinces touchées par le conflit à Mindanao ont signalé des niveaux de couverture aussi bas que 52 %.

Premiers progrès et chemin à parcourir

Selon l'Autorité philippine des statistiques, le taux de pauvreté national est passé de 18,1 % en 2021 à 15,5 % en 2023. Cela se traduit par une baisse d’environ 2,4 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté officiel. Cela suggère que la stratégie à plusieurs volets donne des résultats. Toutefois, les responsables préviennent que l’inflation (en particulier celle des prix des produits alimentaires) et les disparités régionales restent de sérieux obstacles.

Malgré ce cadre, des défis majeurs demeurent. Dans le domaine des soins de santé, les inscriptions sont encore concentrées parmi les travailleurs du secteur formel, ce qui rend difficile l'extension d'une couverture équitable aux populations informelles et rurales. Dans l’enseignement supérieur, les ménages à faible revenu restent sous-représentés, ce qui suscite des inquiétudes quant à savoir si les subventions parviennent à ceux qui en ont le plus besoin.

Enfin, dans les programmes de transferts monétaires, les inégalités persistantes, les goulots d’étranglement dans la prestation de services et les lacunes en matière de capacités des gouvernements locaux signifient que la pleine portée n’a pas encore été atteinte.

Regarder vers l'avenir

Pour que l'approche des Philippines se traduise par une réduction durable de la pauvreté, les décideurs politiques devront approfondir les liens entre les interventions en matière de protection sociale, d'éducation et de santé. Cela signifie veiller à ce que les ménages vulnérables soient non seulement stabilisés grâce à des subventions en espèces, mais que leurs enfants bénéficient d’écoles de qualité et soient à l’abri des coûts catastrophiques des soins de santé. S’il est mis en œuvre efficacement, le modèle intégré ouvre la voie de l’aide d’urgence à la résilience.

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