Avec environ 320 000 nouvelles infections à VIH attendues chaque année d’ici 2030, l’accélération des programmes de lutte contre le VIH dans la région Asie-Pacifique est cruciale pour mettre fin à l’épidémie avant qu’elle ne s’aggrave.
L’Asie et le Pacifique représentent chaque année 23 % des nouvelles infections à VIH dans le monde. En 2024, environ 6,9 millions de personnes vivant avec le VIH résidaient rien que dans la région Asie-Pacifique. Les progrès restent inégaux dans de nombreux pays, certains constatant même une augmentation de l’incidence du VIH. Sans procédures et ressources appropriées, le VIH continuera à augmenter dans la région Asie-Pacifique.
Obstacles à la réponse au VIH
Plusieurs obstacles ont ralenti la réponse au VIH dans la région Asie-Pacifique, impactant ainsi les efforts de prévention.
- Déclin de l’attention politique — Un manque de sensibilisation conduit à des financements limités, à des idées fausses selon lesquelles le VIH est sous contrôle et à une concurrence avec d’autres efforts de santé, conduisant finalement à un financement inadéquat.
- Financement non durable — Sans un financement adéquat, les programmes et traitements de santé ne sont pas facilement accessibles aux travailleurs de la santé. De nombreuses économies manquent de stabilité, ce qui rend le budget consacré à la prévention du VIH vulnérable aux changements politiques et trop dépendant des donateurs internationaux, ce qui conduit à une structure fragile et à un risque accru de baisse du financement.
- Obstacles juridiques — Des lois restrictives qui entrent en conflit avec la santé publique peuvent dissuader les communautés de rechercher un traitement et des tests, affaiblissant ainsi leur confiance dans les institutions de santé. Ces lois peuvent également limiter l'accessibilité.
- Inaccessibilité — Le manque d'accès signifie que de nombreux patients ne peuvent pas se rendre dans les centres de santé pour se faire soigner en raison du manque de documents, de statut de migrant ou de résidence.
- Lacunes et retards dans le traitement — De nombreux patients passent entre les mailles du filet, et les retards dans le traitement entraînent des occasions manquées de diagnostic et de soins précoces, décourageant les individus et les dissuadant de retourner aux cliniques pour obtenir des résultats.
En raison de ces obstacles et défis, la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) a lancé le « Plan d’action pour mettre fin à l’épidémie de VIH » (2026-2031) en mai 2026 pour éliminer ces obstacles et œuvrer à mettre fin au VIH en Asie-Pacifique. Cette initiative commence par aider les pays à renforcer leurs engagements politiques, à maintenir le financement et à élargir l'accessibilité à la prévention du VIH afin d'éliminer les lacunes et les retards dans les traitements et les tests.
Le plan d'action
Le plan rassemble 21 économies, dont la Chine, le Japon, l'Australie, le Mexique, le Chili et les économies d'Asie du Sud-Est, pour promouvoir le financement, la croissance, la collaboration et l'échange de politiques de dépistage, de traitement, de sensibilisation et de protection du VIH pour les communautés les plus vulnérables.
Dans le cadre de ce plan d'action, toutes les économies de l'APEC adopteront une stratégie pour mettre fin à l'épidémie de VIH d'ici 2031. Axé sur six piliers, le plan d'action vise à atteindre l'objectif 95-95-95 de l'ONUSIDA, à étendre la prévention du VIH dans la région Asie-Pacifique et à réduire les nouvelles infections de 90 % d'ici la fin du plan.
- Financement national — Mettre en œuvre une stratégie de lutte contre le VIH/SIDA avec une économie qui soutient sa stratégie en utilisant le financement national dans le cadre de ses budgets et en éliminant la forte dépendance à l'égard des partenaires externes.
- Obstacles juridiques et politiques — S'attaquer aux politiques juridiques qui restreignent l'accès à la prévention, au dépistage ou aux services du VIH.
- Élargir l'accessibilité — Toutes les économies compteront moins de 50 % de personnes exposées au risque d'infection par le VIH en fournissant une prophylaxie pré-exposition (PrEP) et d'autres outils de prévention comme traitement.
- Améliorer la couverture du VIH — Mettre en œuvre des politiques nationales qui autorisent l'autodépistage du VIH ou le dépistage communautaire.
- Fournir un traitement rapide du VIH — Les économies de l’APEC veillent à ce que plus de 95 % de leur population vivant avec le VIH reçoive un traitement antirétroviral (TAR), un accès aux charges virales et une réponse rapide après avoir reçu un diagnostic de VIH.
- Voies pour la prévention, le dépistage et le traitement du VIH à long terme — Les médicaments anti-VIH sont couverts par l'assurance publique et ont reçu l'autorisation de mise sur le marché.
Ces six piliers visent à apporter des solutions aux obstacles du passé en proposant une feuille de route permettant aux pays d'accélérer les progrès dans le traitement du VIH et du SIDA. Décrit comme « le début d'une nouvelle phase » de coopération régionale sur le VIH par Leonardo Chanqueo, superviseur du projet APEC VIH, ce plan représente une étape importante vers la fin de l'épidémie de VIH/SIDA.
Un avenir plein d'espoir
Grâce à ce plan, les obstacles qui ralentissent la réponse au VIH dans la région Asie-Pacifique sont abordés et résolus. Bien que le plan n’en soit qu’à ses débuts, il représente une collaboration humaine et un effort humanitaire unifié, promettant un avenir plein d’espoir pour la santé des individus et des communautés touchés.
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