L'économie du Nigeria est confrontée à des défis persistants dans la réduction de la pauvreté, en partie parce que la faiblesse des systèmes juridiques et financiers a entravé la croissance, l'inclusion financière et la confiance des investisseurs. Toutefois, ces dernières années, les réformes juridiques dans le secteur financier et les cadres de politique budgétaire favorables ont contribué à renforcer la stabilité économique du Nigeria. Ces réformes ont également élargi l'accès aux services financiers pour les particuliers et les petites entreprises, une étape essentielle dans la lutte contre la pauvreté.
Moderniser le droit financier
L'une des réformes juridiques les plus importantes dans le secteur financier du Nigeria est lala Loi sur les banques et autres institutions financières (BOFIA) 2020. Elle remplace une loi de 1991 devenue obsolète en raison des progrès technologiques et de la croissance rapide des acteurs financiers non bancaires. BOFIA 2020 modernise le cadre juridique régissant les banques et autres institutions financières.
La loi a clarifié les fonctions réglementaires, élargissant la portée réglementaire de la Banque centrale du Nigéria (CBN) et introduisant des mécanismes d'application et de recouvrement de crédit plus solides. Les experts notent que la loi mise à jour place également explicitement les sociétés de technologie financière dans la compétence réglementaire de la CBN, exigeant qu'elles soient agréées et réglementées par la CBN. Cela réduit l’incertitude juridique et soutient une expansion légale et stable des services financiers numériques.
L’inclusion financière gagne grâce aux cadres juridiques
Le soutien juridique à la réforme du secteur financier a coïncidé avec des progrès mesurables en matière d’inclusion financière, un indicateur clé de la réduction de la pauvreté. Le CBN Stratégie nationale d'inclusion financière et les cadres réglementaires associés visent à élargir l’accès aux services financiers formels pour tous les citoyens. Ces efforts ciblent l’exclusion financière, qui touchait autrefois plus de la moitié de la population adulte.
Les progrès dans ce domaine aident les ménages à épargner en toute sécurité, à accéder au crédit, à effectuer des paiements numériques et à protéger leurs actifs. Améliorer l’accès au financement est particulièrement crucial dans un pays où l’accès aux services financiers formels a été historiquement faible. La stratégie du Nigeria soutient les services bancaires d'agent, les services financiers mobiles et numériques et les initiatives ciblant les communautés rurales et mal desservies. Tout cela s’appuie sur des réformes juridiques et institutionnelles qui rendent les services financiers plus sûrs et plus prévisibles pour les consommateurs.
Renforcer la gouvernance et la transparence
Le programme plus large de réforme juridique du Nigeria comprend des efforts visant à améliorer transparence et responsabilité fiscales au niveau des États à travers des programmes tels que la réforme de la gouvernance budgétaire soutenue par la Banque mondiale et le Programme de transparence, de responsabilité et de durabilité des finances publiques (SFTAS). Cette initiative utilise des cadres juridiques et politiques pour améliorer la gestion des finances publiques dans tous les États, en renforçant la mobilisation des recettes intérieures et le financement durable des services publics.
La transparence budgétaire et une gouvernance responsable réduisent les fuites, la corruption et l’inefficacité. Ces problèmes affectent de manière disproportionnée les ménages à faible revenu et limitent les fonds destinés aux programmes d’éducation, de santé et de soutien économique qui aident les gens à sortir de la pauvreté.
Capitalisation et gestion des risques
Les réformes juridiques ont également soutenu des initiatives telles que exercices de recapitalisation bancairedirigé par la CBN, pour renforcer la stabilité et la résilience des institutions financières. Des exigences de capital plus élevées améliorent les capacités de gestion des risques et réduisent les vulnérabilités systémiques, favorisant ainsi un environnement plus sûr pour les déposants et les parties prenantes. Ces mesures contribuent à réduire le risque de faillite bancaire, qui peut éroder la confiance du public et déstabiliser les économies locales.
Réduire l’exclusion et renforcer le cadre juridique contribuent à lutter contre l’instabilité financière. Cela encourage à son tour les investissements nationaux et étrangers, un moteur potentiel de croissance économique et de création d’emplois dans un pays où des millions de personnes sont encore confrontées à une pauvreté multidimensionnelle.
Défis et besoins continus de réforme
Malgré les améliorations, des défis importants demeurent. Selon la dernière analyse du développement de la Banque mondiale, une majorité de Nigérians continuent de vivre dans la pauvreté même après les réformes macroéconomiques et les changements juridiques, car le pouvoir d'achat des ménages reste faible et les inégalités persistent. Cela montre que la réforme juridique est nécessaire mais pas suffisante en soi.
Une application efficace, une inclusion numérique élargie et des protections sociales complémentaires restent essentielles pour garantir que les progrès du secteur financier se traduisent par des résultats significatifs en matière de réduction de la pauvreté pour les plus vulnérables.
Conclusion
Les réformes juridiques dans le secteur financier nigérian ont modernisé la réglementation, élargi les stratégies d'inclusion financière et renforcé la gouvernance budgétaire. En effet, du BOFIA 2020 aux réformes plus larges de la gouvernance, ces changements mettent en évidence le rôle de l'État de droit dans la stabilité économique et les efforts de lutte contre la pauvreté. En améliorant la prévisibilité et la transparence des systèmes financiers, ces réformes contribuent à débloquer l’accès aux services, à encourager l’investissement et à créer un environnement économique plus inclusif.
Il est essentiel de se concentrer de manière soutenue sur la mise en œuvre et l’application. Des programmes ciblés qui élargissent l'accès au financement pour les femmes, les résidents ruraux et les microentreprises contribueront à garantir que les réformes juridiques du Nigeria entraînent de larges améliorations du niveau de vie et une réduction de la pauvreté à long terme.
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